Google+ : avis mitigé

Google+ : avis mitigé

🕘 3 juillet 2011

C’est donc le mardi 28 juin 2011 que Google a dévoilé son réseau social Google+. On pourrait dire qu’il s’agit cette fois d’une concurrence frontale de Facebook, et non pas une tentative indirecte comme ce fut le cas avec Google Buzz (mais les similitudes sont nombreuses).

Google+ est avant tout un service de partage entre contacts. Et c’est peut-être là que le service se veut différent de Facebook, où les paramètres de visibilité du contenu sont parfois compliqués. Google+ propose de ranger tout le monde dans des « cercles », plus ou moins proches, et de choisir à chaque fois avec quel cercle (famille, amis, connaissances, collègues, etc.) on souhaite partager. D’après Google :

Cercles

Dans la vie, on ne partage pas n’importe quoi avec n’importe qui. Sur le web, dire la bonne chose à la bonne personne ne devrait pas être un casse-tête. Partager ce que vous voulez avec qui vous voulez ne devrait pas être une épreuve. Les cercles vous permettent de regrouper vos amis du lycée dans un cercle, vos parents dans un autre et votre boss dans un cercle bien à lui, comme dans la vraie vie.

C’est évidemment — et tout simplement — une meilleure gestion de confidentialité que ce qu’offrent les listes sur Facebook. Mais rien de plus.

Même chose avec les « déclics », ou centres d’intérêts. On a là encore une définition assez peu convaincante de ce qui pourrait très bien être rapproché des pages Facebook pour simplifier la compréhension des choses :

Déclics

Vous souvenez-vous des articles de journaux que votre grand-père découpait avec amour pour vous les envoyer ? C’était le bon vieux temps. C’est un peu comme ça que marchent les Déclics : ce sont des articles et des vidéos qui sont susceptibles de vous plaire, prêts à être lus, vus et partagés la prochaine fois que vous avez un moment ! Même Papi va adorer.

A moins que, rangés par thématiques, les déclics ne soient finalement qu’un outil de ce que l’on appelle la « curation« , terme à la mode en 2011 pour désigner l’agrégation et l’organisation d’un contenu. Mais avec de sérieux doutes sur son intérêt comme sur le terme lui-même.

On vient aussi à se questionner sur les autres fonctionnalités proposées par Google+, comme les « bulles », qui ressemblent beaucoup à de la simple visioconférence à plusieurs. En parlant de plusieurs, il semble que ce soit bien l’un des chevaux de bataille de Google+ : la messagerie de groupe. Visio groupée, messages groupés, discussion groupée, planification groupée. C’est la confirmation de la nouvelle ère : terminés les SMS en « one-to-one » alors qu’il s’agit de se retrouver entre plusieurs amis. Place aux messages multi-destinataires où le mobile prend évidemment toute sa place. C’est ce qui explique l’engouement outre-Atlantique pour des applications comme Beluga, rachetée par Facebook, ou bien GroupMe, vainqueur au SXSW 2011.

A l’usage, Google+ semble s’appréhender en deux temps : d’abord le « rangement », qui consiste à organiser ses contacts dans les différents cercles. Sauf que l’on n’en voit jamais la fin, car Google suggère sans cesse de nouvelles personnes (à l’instar de Facebook) et que l’on devient rapidement un « encercleur compulsif » avant de reprendre ses esprits.

Le second temps est celui du partage de contenus. Avec la possibilité de poster des GIF animés (chose impossible sur les autres réseaux sociaux grand public), Google+ a été pris d’assaut par les plus créatifs — pour ne pas dire les plus blagueurs — de vos contacts. Survient la question du long terme : sans réelle innovation qu’une meilleure gestion des personnes avec lesquelles on partage le même contenu qu’ailleurs, Google+ ne risque-t-il pas de s’essouffler ? Il lui faudra débloquer de nouvelles fonctionnalités (dont évidemment les très attendues pages de marques) pour capter durablement l’attention des utilisateurs. Pour le moment, la phase de rôdage s’annonce longue…

Jetez un oeil à toutes les vidéos Google+ disponibles dans la playlist qui y est consacrée, jouez avec le réseau social sur plus.google.com, faites-vous votre propre avis. Et si vous êtes sur Facebook répondez donc à la question : Google+ peut-il concurrencer Facebook ?


🕘 3 juillet 2011