Snowpiercer, Le Transperceneige

Il est de ces films à la réputation bien faite. SNOWPIERCER (pour en rester au titre VO) est de ceux là. Une série d’affiches teasing, du buzz dès le tournage, une sortie en Corée du Sud phénoménale, la couverture de deux festivals français importants (Deauville, et puis L’Etrange Festival), voilà le nouveau navire de Bong Joon-ho (THE HOST, MEMORIES OF MURDER…) lancé.

Reprenons aux origines. LE TRANSPERCENEIGE est avant tout une bande dessinée franco-belge, pour l’instant en trois volumes. Une histoire européenne, un réalisateur sud-coréen.. un casting anglophone, forcément ! Et pas des moindres ; Chris Evans (monsieur CAPTAIN AMERICA), Jamie Bell, John Hurt, Ed Harris, Tilda Swinton… Bref, SNOWPIERCER a des atouts. Encore plus à sa vision, car le rendez-vous ne sera pas manqué, et se veut comme entier. Dans cette histoire post-apocalyptique où les restes de l’humanité sont entassés dans le dernier train roulant, où les pauvres des derniers wagons se révoltent contre les riches des wagons de tête, rien ne vous sera épargné dans ce huis-clos en mouvement. L’auteur de THE HOST va au fond des choses, livrant un film sombre, désespéré, écorché. L’avenir n’est pas brillant, l’espoir n’existe que dans le sacrifice et l’histoire se garde bien d’éviter l’horreur, plus présente dans les mots ou les intentions que frontalement à l’image.

SNOWPIERCER ne sera sans doute pas le divertissement de l’automne. Film noir et abrupt, aux notes d’humour régulières (comme des moyens de relâcher la pression), il n’épargne rien. Pas d’intention de choquer ici, plutôt une volonté de traiter son sujet à fond. Ce qui, dans le lot quotidien du cinéma d’aujourd’hui, devient rare. Le salut des héros (du héros ?) ne sera donc pas dans les demi-choix ou des retournements de situations absurdes. SNOWPIERCER n’offre qu’une seule issue, et une seule : le wagon de tête. On suivra la remontée lente et difficile des classes populaires vers le créateur du train pour y trouver (ou  non) leur salut, et un nouveau départ.

Dans un récit savamment entrecoupé de dialogues, non sans laisser de côté des moments d’intensité pure (ça passe ou ça casse) Bong Joon-ho réunit l’ensemble des conditions qui font de SNOWPIERCER un film incontournable. Mais la tonalité du film, et sa science fiction hardcore, risque de ne pas séduire la plus grande partie du public. Reste une oeuvre maîtrisée, enfonçant les bases de son histoire dans un terreau social et culturel résolument moderne.

 

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1 commentaire
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    C’était bien, et pas si prévisible que ça ne le laisse penser au début, voire à la moitié du film. Après, si on creuse un peu la théorie de l’écosystème fermé du train on réalisera sans doute que celui de Snowpiercer ne peut absolument pas exister en donc empêche le film d’être crédible mais bon, on s’en moque un peu au final.

04.09.2013, L'AUTEUR :
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