Mr Robot - saison 1 : série over 9000 ?

Mr Robot – saison 1 : série over 9000 ?

Figurant en tête de notre dossier illustrant la hype du N.E.R.D, Mr Robot valait bien un article complet. Petit retour à mi-parcours de sa diffusion sur la surprise de 2015.

Mr Robot

Le messie de l’été 2015.

Pourquoi ? Tout d’abord parce que cette nouvelle création vient sauver cet été que l’on aurait pu croire perdu.

En effet, Sense8 peine à faire sensation, la nouvelle saison de True Detective nous tue d’ennui… Rien pour nous sauver du désormais bien connu syndrome post final GoT (état psychologique bien connu – mais pas encore reconnu par l’état – où les fans de série se retrouvent comme des orphelins en manque de crack sur un banc de Stalingrad ne sachant à quel saint se vouer).

Et pourtant, comme The Affair ou The Honorable Woman, Mr Robot vient craquer cet enfer télévisuel.

Qui est Mr Robot ?

Mr. Nobody

Sur le papier, Mr Robot semble inoffensif, un bug dans la matrice.

Commençons par le pitch :

Elliot est un jeune programmeur anti-social, qui souffre d’un trouble du comportement qui le pousse à croire qu’il ne peut rencontrer des gens qu’en les hackant

Ajoutez à cela la présence au générique de ce bon vieux Christian Slater et l’on serait presque tenté de se dire « tiens voilà la nouvelle série Z de l’été », le type de création inscrite à la liste toujours très à jour des séries 2015 annulées d’Allociné.

Mr Robot subway

Mr. Fincher

Et pourtant, dès les premières secondes du premier épisode, la série s’impose à nous.

D’abord, le choc, c’est cette voix off, celle de l’acteur principal, qui nous interpelle et nous submerge. Elle donne tout de suite le ton : oui le personnage principal a un véritable problème psychologique, oui l’ambiance sera étouffante.

On serait tenté rapidement de faire un parallèle avec Dexter (pour le côté « gentil méchant » dialoguant avec lui même, autrement dit nous) ; ce serait une erreur ; la série renvoie en fait directement à Fight Club.

La série de Sam Esmail partage avec l’adaptation plusieurs points communs.

Tout d’abord, un mépris bien affiché de la société, celle des 10% (réduit à 1% ici)… et finalement celle de monsieur tout le monde, relativement minable.

Un personnage central ayant des relations biaisées avec les autres : Edward Norton ment sur son propre prénom, Elliot hacke chaque personne pour mieux connaître leur vie tout en dissimulant la sienne.

Et une solution radicale pour sauver l’humanité ; comme dans Fight Club, l’humanité est asservie par les grands groupes financiers ; détruire ces holdings, c’est libérer l’Homme. L’ombre de Tyler Duden plane.

Slater Mr Robot

Mr. Anonymous

Au-delà de ces références, Mr Robot brille par ses particularités.

Tout d’abord, ici pas de cadre sup d’une grosse multinationale. Elliot est un employé d’un prestataire de service. #externalisation

Pas de chemise, pas de cravate, pas d’intérieur IKEA, mais une approche minimaliste. il porte le plus strict nécessaire – une sorte de nomcore comme disent les sociologues post-Konbini.

Cette haine viscérale qui se retrouve dans son comportement : il déteste qu’on le touche ce qui amène à certaines situations comiques.

C’est d’ailleurs l’une des forces de la série : un mélange brillant d’humour et de sérieux, que l’on retrouve lorsqu’Elliot vomit littéralement la société lors de monologues, toujours bien étayés et ancrés dans le réel.

Mr Robot pouvoir

Error 404

C’est l’autre grande force de Mr Robot : la prise de recul.

On cite un à un les responsables d’une société malade en les nommant : Apple, Steve Jobs, Facebook, Twitter, Lance Armstrong, Mel Gibson…

Et quand Sam Esmail ne les nomme pas, c’est pour mieux les désigner. Le père d’Elliot, ingénieur également brillant, est mort d’une leucémie, développée probablement sur les lieux de son travail… Pour info, Samsung a promis de dédommager des anciens employés victimes de leucémie. Coïncidences ? Je ne tweete pas.

Cette réalité, il s’agit de la débugger. C’est la mission que s’est fixée le groupe de hackers menés par notre cher Christian Slater (oui, Christian Slater) et qui propose à Elliot de venir mettre à bas la grande méchante holding financière.

Bref, du cyberpunk dans tout son classicisme avec son lot de théories du complot. Mais encore une fois, Mr Robot évite les écueils du genre.

D’abord, parce qu’il n’y a pas en soit de bons ni de méchants mais des êtres menant leur propre chemin. Aucun angélisme. Même pour le hacker.

Ensuite, rien ne se passe comme prévu. La création de USA Network s’apparente davantage à une tragédie grecque où les personnages sont rattrapés par le cours des actions ; ils ne décident pas seuls, ils sont confrontés aux actions des autres. Ça rappelle étrangement Breaking Bad (just saying).

Enfin, Elliot n’est pas seulement le fils prodigue de Cornelius dans la rhétorique, il en hérite aussi de la plus importante quête : celle de la vérité. Le personnage principal ne sait pas s’il délire : est-il ou non suivi, as-t-il vraiment rejoint un groupuscule, Christian Slater joue-t-il réellement dans cette série, Louis Sarkozy a-t-il vraiment tweeté. Ce dernier élément (le doute permanent pas le fils de l’ex-Président) participe à rendre l’atmosphère particulièrement étouffante… et addictive.

Cerise sur le gâteau, les personnages de Mr. Robot semblent dotés du fameux Comic Awareness (les protagonistes semblent être conscients d’être dans une œuvre de fiction).

Bref, si vous n’avez pas commencé Mr Robot, go, go, go !

Si vous avez arrêté au 2ème épisode, dites-vous que la suite vaut le détour.

Si vous êtes à jour, good game, have fun.

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