Mindhunter - saison 1 : David Fincher est de retour

Mindhunter – saison 1 : David Fincher est de retour

Dans la cohorte de grands noms qui rejoignent les plateformes de streaming pour créer, celui de David Fincher était particulièrement surveillé ces temps-ci. Pourtant ça n’est pas la première fois qu’il collabore avec Netflix ; il accompagne HOUSE OF CARDS depuis 5 saisons (et il en a réalisé le pilote). Non, si MINDHUNTER était attendu (voir le trailer), c’est pour sa thématique, parfaitement au coeur des questions de ses oeuvres : des serial killers, une intention psychologique et sociologique… Dans sa démonstration, Fincher revient et continue ZODIAC. Déconstruction historique.

S’inspirant de faits réels (le service a réellement existé), et un célèbre agent du FBI, Fincher s’immisce dans les couloirs du Bureau alors en proie à de grandes questions sur ces nouvelles tueurs par « séquence » qui effraie la population : les nouveaux serial killers ne sont alors pas encore classifiés (mais ils sont déjà célèbres). Deux agents vont alors prendre la route pour interviewer ceux déjà emprisonnés et tenter de comprendre cela avec l’aide d’une universitaire de Boston… Sur le papier, MINDHUNTER est le X-FILES des affaires déjà classées : à cette différence qu’après avoir occupé le sous-sol de Quantico, leur enquête intéresse subitement les pouvoirs publics. MINDHUNTER présente donc deux agents pris entre une bureaucratie pointilleuse et un univers de psychopathes où l’ordre n’a pas forcément loi.

Et la saison joue là-dessus : l’incompréhensible face au quotidien. Le héros (joué par Jonathan Groff) est un jeune homme candide mais perspicace, aidé dans sa quête par un agent expérimenté et une intellectuelle plus aguerrie (Anna Torv – FRINGE). De sa naïveté au danger (psychologique) de ses rapports avec les tueurs rencontrées, MINDHUNTER est une pure série de réflexion, sans réellement d’action. Inquiétante certes, elle ne délivre pas de climax infernal et de tuerie en règle, mais une série d’échanges, de dialogues qui lui servent d’ADN. Comme dans son ZODIAC, Fincher s’intéresse à l’époque et à l’écho de l’étrange sur la réalité, quitte à laisser ses personnages naviguer entre les deux.

4 / 5