House of Cards - saison 3

House of Cards – saison 3

Le meilleur drama politique actuel termine (déjà) sa saison 3. Et il a bien failli nous régaler d’un plat de résistance aussi copieux que ses saisons précédentes. Failli ? Oui, et même plus. Passée la joie de retrouver Frank Underwood, Claire, Doug, Seth, Rémi… on entre de plain-pied dans le vif du sujet politique.

Underwood président doit convaincre qu’il tient son poste même s’il n’a pas été élu. Pour cela, rien de tel qu’une réforme historique pour graver son nom et mériter son statut de candidat investi par son parti, prêt à sa propre succession. Mais évidemment tout n’est pas aussi simple.

Cette saison 3 prend le risque de zoomer sur le couple présidentiel. Claire n’étant plus vraiment dans l’ombre, elle revendique une vraie place. Les interactions entre vie privée et professionnelle se multiplient, avec des conséquences évidentes comme la mise en lumière de la fragilité d’une relation sentimentale dont l’ascension sociale et le pouvoir semblent être les moteurs. Tensions diplomatiques internationales viendront frapper aux portes du foyer Underwood, tout comme la concurrence politique interne des Etats-Unis. A côté de cela, l’intrigue secondaire de Doug Stamper est aussi intéressante que les conditions générales d’utilisation d’alibaba.com. House of Cards saison 3 nous balade ainsi de cocktails en champ de guerre, de piratage informatique en voilier aux Caracas, de l’Iowa à Air Force One. Si l’on cerne plutôt bien la dimension générale de l’enjeu (bordel, on parle d’un programme politique présidentiel quand même) on se demande s’il était vraiment nécessaire de nous en montrer tous les rouages, jusqu’aux plus petits. La maîtrise de la réalisation est toujours présente (y compris quand Robin Wright est derrière la caméra), mais Frank perd un soutien de poids : nous, les téléspectateurs, à qui il se confie de moins en moins en aparté.

Avec une saison saccadée, sans doute aussi mal coupée, House of Cards se prend un premier vrai avertissement quant à sa suite. Si l’on sait qu’une campagne présidentielle américaine est un sujet rêvé en matière de storytelling politique, la série devra se replacer à la hauteur de ses ambitions sous peine de ne plus faire d’effet.

3.5 / 5

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