Dexter - saison 5

Dexter – saison 5

Nous quittâmes Dexter sur une saison 4 grandiose et un final choc (que si vous n’avez pas vu, évidemment, vous n’allez pas plus loin dans ce paragraphe) : le meurtre de Rita, la femme du héros, maman de leur bébé Harrison. Cela nous laissait Dexter Morgan en père veuf, avec des préoccupations quotidiennes (chercher une nounou par exemple) bien loin de ses « passions » habituelles.

Mais ce n’est pas tout : la saison 4 a laissé des traces, et le spectre du tueur de la Trinité continue de planer sur Dexter : son collègue Quinn le soupçonne d’avoir joué un rôle dans cette affaire, et va s’acoquiner avec un flic ripou pour enquêter discrètement sur Dexter. Evidemment, il y a des choses à découvrir…

On le sait : la force de chaque saison de Dexter est de proposer des seconds rôles charismatiques, et ce cinquième volet innove avec un personnage féminin très intéressant, Lumen Pierce.

Phénomène Lumen

Lumen est une rencontre originale dans la vie de Dexter. Alors que notre héros s’affaire à son occupation de « vengeur » auprès d’un serial-killer de femmes, il ne réalise pas que l’une des futures victimes du bourreau, enfermée en attendant son heure, a assisté au rituel de Dexter. Ce témoin, c’est Lumen, que Dexter délivre donc d’une mort certaine, sans pour autant savoir quoi faire d’elle. La libérer ? La tuer ?

Vous vous doutez que Lumen va avoir la vie sauve (même si personnellement, j’aurais privilégié l’autre solution, plus en phase avec les codes de la série et surtout parce que Lumen m’énervait beaucoup au début). Une relation complètement nouvelle va s’installer entre les deux personnages, car le sauvetage de Lumen va révéler à Dexter une affaire beaucoup plus compliquée : le serial-killer n’agissait pas seul, tout un groupe d’hommes capturait, torturait et tuait de jeunes femmes, en toute impunité. Un vrai défi pour Dexter, qu’il va avoir la chance de ne pas relever tout seul.

Dexter sauve Lumen, et c’est le début de… quelque chose

Les problèmes de Dexter dans cette saison 5 sont donc multiples : gérer sa famille, gérer Lumen, gérer le ripou qui bosse pour Quinn. On a l’habitude et c’est bien ce qui commence à lasser — un peu — chez la série. Il  faut dire que l’équation « 1 problème = 1 mort » tourne à plein régime et que l’on aurait aimé avoir un peu plus d’innovation parfois. Quant au dénouement final, il tranche radicalement avec le précédent et offre cette fois une fin complète. Trop complète ? Chacun sera juge.

Série de qualité, Dexter achève une saison 5 toujours d’excellente facture même si les premières fissures commencent à apparaître. L’heure de vérité pourrait bien sonner dans la saison 6. « Tic tac tic tac », comme le dit si bien un certain Jordan Chase…

CRITIQUE DE MG

Le défaut d’une série restant sur une excellente saison est d’avoir un défi à relever : faire aussi bien, voir mieux. Et en cela, Dexter n’a pas toujours su bien manoeuvrer. Après les deux premières saisons excellentes, puis une troisième plutôt moyenne suivie d’une quatrième qui relevait sec le niveau, on peut avouer que la cinquième année du show ne sera pas parmi les premières. La faute à une fin de saison 4 en trombe, et des choix mitigés laissant place trop souvent aux facilités.

On avait laissé Dexter face à la répétition de son destin, tenant son fils dans ses bras, contemplant un véritable bain de sang orchestré par le Trinity Killer comme dernier acte terrible d’une pièce en trois actes entre les deux tueurs. La saison 5 s’ouvre très logiquement sur les conséquences de ce décès, les heures suivantes : le travail de la police autour du corps de Rita, l’enquête… Evidemment, Dexter reste écarté de tout soupçon, sauf pour Quinn qui commence à collecter quelques indices troublants. Sitôt écarté du deuil et de l’agitation qui l’entoure (babysitter pour Harrison, les deux autres enfants envoyés chez leur grand parent..), Dexter ne peut que se retourner contre lui même… et retourner au « travail ». Il se lance alors un peu par hasard sur ce qui sera son affaire de l’année, une bande de psychopathes enlevant et torturant des jeunes filles, avant de les laisser pour morte dans des tonneaux, flottant en plein marécage. Sauf que l’une d’elle (Julia Stiles) est toujours en vie, et s’échappe sous les yeux de notre héros, alors en pleine opération. La rattrapant, Dexter n’a d’autre choix que de lui montrer son monde, les deux devenant alors un couple terrible faisant disparaitre un à un les tortionnaires. Une traque qui sera aussi celle de la police, après découverte des corps. Un jeu dangereux pour Dexter.

La saison joue donc sur deux tableaux promettant beaucoup de choses. D’une part, Quinn commence à se rendre compte que Dexter a un emploi du temps étrange, et collecte les indices en engageant un ex-policier pour enquêter (Peter Weller – Robocop! 24!). Evidemment, Dexter saura mettre fin (définitivement) à cela, ne passant pas loin d’être découvert. C’est aussi le cas dans sa traque du gang des tortionnaires, alors que sa soeur est sur leurs traces. Un jeu de chat et de souris qui se termine un peu en cul de sac, Debra ayant un bref instant de lucidité en n’allant pas voir qui est en train de découper le cadavre d’à côté… Et cette saison 5 est un peu à l’image de ces rencontres manquées, pleine de promesses inachevées, de risques anéantis. On aurait voir Dexter dans une situation qui se compliquait, au final on le maintient dans l’apparence qu’il cultive depuis le début. Comme en saison 3, on tente de lui coller un acolyte (féminin ici, une manière de remplacer Rita), pour transcender son humanité. Au final, on préfère le chasseur solitaire, implacable, aux atermoiements de l’homme confronté à ses actes. S’il pense ici se libérer du poids de son Dark Passenger en entamant une vie avec quelqu’un qui connaît son vrai « moi », tout ceci prend fin inexplicablement au dernier acte, les scénaristes refermant la page, comme une sorte de thérapie post-deuil en 12 épisodes.

Ponctuée de nombreuses guests stars (Jonny Lee Miller en grand méchant), la saison 5 de Dexter prouve que notre serial killer préféré n’arrive à briller qu’une saison sur deux, se replongeant ici dans les travers de la saison 3. Oubliant les leçons de la saison passée (notamment l’avancée de Debra sur le passé de sa famille), on tente ici de reconstruire un Dexter dévasté (enfin, en apparence) par le décès de sa femme. En fait, on veut surtout nous forcer à considérer Dexter comme un être potentiellement humain.. Alors qu’il ne sera jamais mieux que seul, face à ses actes, sans réponse. Et avec, si possible, un adversaire à la hauteur.

4 / 5