Black Mirror

Black Mirror

BLACK MIRROR est une mini série britannique, plus anthologie que série au sens classique du terme. Et comme les Anglais savent si bien le faire dernièrement, autant faire court mais efficace. Nous voilà donc avec 3 épisodes d’une heure chacun, et 3 histoires totalement indépendantes, sauf le principe ; le pouvoir des écrans. Sans doute la meilleure chose sortie sur le petit écran en 2011 (et rattrapée avec retard). Décryptage.

THE NATIONAL ANTHEM

Et si le Premier Ministre se réveillait un matin avec un enlèvement de princesse, et une demande de rançon particulière : copuler avec un animal en direct live, ou voir la princesse éxécutée. Utilisant le web pour couper court à toute tentative d’atténuer le scandale, le Premier Ministre se retrouve alors face au public, et le brouhaha du buzz.. Premier épisode assez réaliste, ce NATIONAL ANTHEM pose la question de la maitrise de la communication, et surtout de la non maitrise ; sitôt livrée au world wild web, l’information est digérée, mastiquée jusqu’à livrer des sentences assez diverses. Sur un postulat des plus curieux, la première partie de BLACK MIRROR fait monter la tension progressivement jusqu’à atteindre un vrai point de non retour, et nous prouver qu’on peut aller très loin sur de fausses idées. L’épisode livre même quelques idées, dans la recherche de solutions, qui utilise tout le potentiel moderne. Une ironie moderne, en somme.

15 MILLION MERITS

Dans une veine plus science fiction, nous nous retrouvons ici dans un monde enfermé, où chacun doit pédaler ad vitam eternam pour fournir sa cité en énergie, et accessoirement gagner des points. On est pas loin de THX 1138 ou autres essais futuristes (tiens, Big Brother). Notre héros sacrifie ses points pour aider une amie, évidemment non sans un certain intérêt romantique, au sein d’une société complètement refermée sur elle-même, ou le seul signe d’extériorisation reste les programmes diffusés aux pédaleurs. Pouvoir de la télévision, et destin d’une des fourmis du système, là aussi on nage en pleine critique contemporaine. Non sans un certain plaisir.

THE ENTIRE HISTORY OF YOU

Dernier épisode, mais pas anodin pourtant, nous nous retrouvons ici dans un futur proche où chacun conserve ses souvenirs sur un disque dur minuscule logé derrière une de ses oreilles. Pratique pour se refaire le film de la journée, l’accouchement du petit ou retrouver un détail enfoui. Mais dangereux lorsque vous mêlez à cela jalousie, adultère et rupture. THE ENTIRE HISTORY OF YOU n’est pas si éloigné de nous, et renvoie à toute notre joli collection de souvenirs en stock. Imaginez la tête de votre Timeline Facebook dans 30 ans??

Au final, nous voici avec 3 épisodes très riches en thématiques et en petites idées, qui nous renvoient automatiquement à nos habitudes quotidiennes. De quoi réfléchir, sans modifier son comportement. Reste un sacré potentiel pour les créateurs de la série, dont on attend les prochains travaux.

4.5 / 5

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