Ash vs Evil Dead - S01 E01

Ash vs Evil Dead – S01 E01

Saison 1 – Épisode 1
Écrit par Sam Raimi, Ivan Raimi.
Réalisé par Sam Raimi.
Produit par Sam Raimi, Robert Tapert, Bruce Campbell.
Avec Bruce Campbell, Ray Santiago, Dana DeLorenzo, Jill Marie Jones, Lucy Lawless.
Etats-Unis. 30 minutes. Première diffusion sur Starz le 31 Octobre 2015.

Il était une fois… EVIL DEAD. En 1982, un certain long-métrage avec ce titre sort au cinéma, réalisé par un jeune cinéaste du nom de Sam Raimi. Révolutionnant le cinéma d’horreur avec ses deux « suites », la trilogie et Sam Raimi se sont créés toute une tribu de fans complètement dingues (tel l’auteur de cet article), couramment nommés les deadites : appellation également donnée aux morts vivants du film. Ces fans absolus de EVIL DEAD vouent un culte à son personnage principal prénommé Ashley Williams, surnommé Ash. Le troisième film est sorti en 1993 et depuis, l’univers d’EVIL DEAD a disparu des écrans. Mais sous la pression des fans, Sam Raimi accompagné de Bruce Campbell (l’interprète éternel de Ash) et de Robert Tapert (ami, collègue de Sam Raimi et co-fondateur de leur société de production) se lancent dans le retour de EVIL DEAD. A l’origine dans un quatrième film, mais celui-ci est devenu tellement gros en contenu que le trio ont opté pour une série télévisée. C’est alors Starz qui a été sollicité pour diffuser la série, où les fans pourront avoir Ash autant qu’ils le voudront (10 épisodes de 30 minutes par saison).

Venons-en à l’épisode pilote, qui nous amène 30 ans après le troisième film (trente années fictives car vingt-deux dans le réel). Après tout ce temps, Ash est toujours le même, fidèle à son absurdité. Toujours aussi bon menteur pour séduire, il est resté un grand macho dans l’âme. De plus, il vit dans une caravane au beau milieu de nul part, et travaille encore dans un petit magasin. Seul bémol, il ne s’agit plus de S-Mart mais désormais c’est Value Stop. Mais cela reste la même chose, puisqu’il est toujours aussi maladroit et désagréable. Resté un enfant dans la tête, il fait encore la fête tard. Mais surtout, 30 ans après, il n’a pas perdu sa fameuse chemise bleu, son jean marron, son fusil (boomstick dans la version originale, terme cher aux fans) et sa tronçonneuse légendaire qui remplace sa main droite.

Vingt-deux ans après L’ARMEE DES TENEBRES, malgré quelques rides et kilos en plus pour Bruce Campbell, les promesses sont tenues. Nous, fans acharnés de l’univers et des films, avons eu raison d’attendre pour nous voir offrir un tel florilège de plaisir. Tous les ingrédients sont présents : la dimension horrifiquo-angoissante est toujours là, en simultané d’un ton décalé et burlesque sur le personnage de Ash. Parce qu’à nouveau, il s’agit d’un crétin qui doit sauver le monde. Et comme il s’agit d’une comédie horrifique, il y a la parfaite dose / le savoureux mariage entre le sang à volonté (merci la tronçonneuse, le boomstick, la pelle, …) et le WTF des maquillages (encore sans effets numériques, tout artisanal et très drôle). Comme dirait Bruce Campbell à la fin de cet épisode : « it’s good to be back ».

Sachez que ce premier épisode est dirigé par nul autre que Sam Raimi himself. Toujours aussi virtuose et plein d’idées, le génie n’a rien perdu de sa patte découverte dans les EVIL DEAD originaux (on ne parlera pas du reboot ici). Les références dans la forme foisonnent dans chaque scène : la caméra subjective se plaçant comme l’esprit démoniaque, les angles de vue étranges qui déterminent les personnages dans une émotion/sensation, les plans courts pour dynamiser une action, les plans fixes pour laisser Bruce Campbell sortir ses blagues (très drôles), des plans larges pour insérer des effets angoissants, des gros plans délirants et terrifiants à la fois, des jeux avec les ombres (le mystère par l’alternance de la lumière + un effet cartoonesque burlesque), etc. La liste est longue parce que Sam Raimi ne filme pas des personnages en train d’essayer de survivre face aux deadites, mais bien la façon dont ces deadites vont se faire exploser la tête par les protagonistes.

Même dans le fond il y a de nombreuses références. Afin de réveiller les deadites, une formule est énoncée par Ash himself ; les flashback du tout premier film (perçus d’une manière surprenante et merveilleuse) ; les clins d’œil aux différentes situations de la trilogie qui se répètent ici ; le grand retour de la célèbre voiture de Sam Raimi (une oldsmobile delta 88 jaune – légendaire et obligatoire dans l’univers) ; le retour du fameux livre des morts ; etc. Toujours dans le fond de cette nouvelle partie de l’univers EVIL DEAD, Ash peut compter sur de nouveaux personnages à ses côtés. Un certain Pablo, aussi marrant que déterminé à en découdre avec les deadites, entiché par une certaine Kelly, aussi sexy que badass (les formidables Ray Santiago et Dana DeLorenzo, visiblement nés pour EVIL DEAD). Alors que les deadites sont aussi angoissants que délirants, il y a l’actrice Jill Marie Jones jouant une jeune flic qui découvre les deadites dans de terrifiantes conditions. Puis, enfin, celle dont Sam Raimi et Robert Tapert ne peuvent se passer : Lucy Lawless. Je ne dévoilerai rien de son personnage, car j’en connais beaucoup en tant que fan acharné de la trilogie.

Pour finir, il faut absolument parler de la musique. Déjà que le mélange des genres est une marque de fabrique chez Sam Raimi (entre l’horreur, le fantastique, l’action, la comédie et le mélo) qui s’amuse beaucoup dans une ambiance baroque, il faut mentionner l’utilisation de la musique. La personne derrière la musique de la série n’est autre que Joseph LoDuca. Pour les fans acharnés de Sam Raimi, ce nom est ultra connu. Pour les autres, je vais lui dresser un rapide CV : la série MANTIS, la série XENA, la série HERCULE, la série LEGEND OF THE SEEKER, la série SPARTACUS, la trilogie filmique EVIL DEAD (tout ceci de Sam Raimi) ; mais aussi LA MALEDICTION DE CHUCKY par Don Mancini, LE JEU DES DAMNES par David Winkler ou LE PACTE DES LOUPS de Christophe Gans (pour ne citer que cela). Ce qu’il faut retenir, c’est que Joseph LoDuca et Sam Raimi sont complémentaires : le compositeur sait exactement ce que le cinéaste souhaite à tel moment (un rock, des notes mélo, etc) car ces genres purs se marient très bien aux genres explorés. Même le générique de fin est délicieux (en terme de musique et d’images).

Un conseil de la part d’un fan acharné : pour bien comprendre l’esprit de la série, (re)découvrez la trilogie d’origine. Parce qu’une Saison 2 est déjà commandée par la chaine Starz !

Conclusion : comme la dernière ligne de Bruce Campbell dans l’épisode, c’est « Groovy ».

5 / 5

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