Sufjan Stevens - Carrie & Lowell

Sufjan Stevens – Carrie & Lowell

Parfois, il faut savoir s’incliner. Même quand on n’est pas — même quand on n’a jamais été — un grand amateur de Sufjan Stevens, il y a dans Carrie & Lowell absolument tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un artiste pop-folk.

Disque intime (Carrie étant sa maman, Lowell son beau-père ; inutile de préciser plus avant la pochette), ce onzième album atteint une certaine apogée dans la carrière de l’artiste. Evidemment ça parle vie et mort, nostalgie, douleur, famille. Et c’est admirablement mis en musique avec des mélodies poignantes, des arrangements peaufinés jusque dans les moindres détails (le va-et-vient du son qui s’éloigne et se rapproche sur Drawn To The Blood par exemple), et une certaine vision qui lie l’ensemble.

Sufjan Stevens alterne quasiment sans faux-pas (Eugene ou No Shade In The Shadow Of The Cross… un peu en-dessous du reste) les morceaux en réussissant à y poser sa voix de manière douce et jamais larmoyante, et en leur conférant une âme, comme lorsqu’il fait évoluer The Only Thing ou sur le magnifique final Blue Bucket Of Gold.

On se quitte avec l’étrange sensation d’avoir laissé tomber ce que l’on était en train de faire pour apprécier au mieux Carrie & Lowell. Le réveil est difficile parce que Sufjan Stevens a réussi quelque chose de rare : un très grand album.

4.5 / 5

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