Starsailor – On The Outside

On aurait pu croire qu’après le succès commercial du remix de Four to the floor sur leur précédent album Silence Is Easy les faisant réellement connaître du grand public, le groupe britannique continuerait sur la voie de la facilité pour sortir leur troisième opus On The Outside. Il n’en est rien ; c’est un nouveau virage dans leur discographie car les revoici avec des titres beaucoup plus rock où les guitares électriques sont omniprésentes, où la basse donne des sonorités sombres mais où le piano est toujours là pour varier les pistes. Le chanteur James Walsh n’est encore pas avare avec sa voix, et il la pousse allègrement, notamment pour donner des refrains percutants et entraînants.

Trois albums et trois styles donc. Le très acoustique Love Is Here, le très pop Silence Is Easy et le très rock On The Outside font désormais de Starsailor un groupe incontournable des années 2000.

Les donc revoilà pour leur 3e album (ils sont calqués sur Coldplay depuis le début), et après la déception de Chris Martin & Co, j’aimerais tant me réfugier chez James Walsh. Starsailor doit surtout se reprendre après la petite dérive commerciale amorcée avec Four to the floor. Mais voyons cela ensemble…

In The Crossfire : un seul mot, brillant. Starsailor ne nous plonge pas directement dans une chanson pour midinettes, c’est le moins que l’on puisse dire. Une petite claque rock pour commencer, j’apprécie.

Counterfeit Life : deuxième coup porté par Starsailor, car ils n’ont véritablement pas décidé d’abandonner le trio « guitare électrique-basse-batterie » comme base, le complétant super bien avec le piano/synthé et même des sonorités électro. Ce titre s’envole même sur son refrain. Starsailor rocks!!!

In My Blood : on continue dans le même registre tout en variant l’orchestration et en diminuant le rythme. Après les deux bombes précédentes, le morceau permet de se reposer un peu à 2’31 », avant de repartir de plus belle. Des choeurs du plus bel effet agrémentent le refrain.

Faith Hope Love : décidemment moi je reste stupéfait du virage pris par Starsailor, alors que je pensais vraiment qu’ils allaient surfer sur leur nouveau succès commercial. Le groupe s’amuse à balancer des bons gros sons, à crier et à déménager.

I Don’t Know : je crois que je suis bon pour rester surpris tout le long de l’album. ^^ Ici nous avons un bon mélange doux/dur, une construction riche et variée, un James Walsh qui pousse sa voix, un Kynerion qui savoure… Un titre qui ferait un très bon single (j’ai pas la liste des singles prévus, si quelqu’un la connaît).

Way Back Home : toujours pas de ballade mielleuse avec ce morceau. Au contraire, le refrain poursuit dans la mouvance « je te balance du gros son dans les oreilles, avec un peu de synthé, de la voix vocodée, et tu te tais ». Prenez-le pour dit.

Keep Us Together : ah, un morceau plus « accessible » on va dire. Plus classique, tout-à-fait starsailorien et séducteur. Avec cependant ses trouvailles : une deuxième voix, des « ohhh ohohhhh » sur le refrain, et puis le batteur qui n’en peut plus de son corps et qui martèle comme un bourrin. J’adore.

Get Out While You Can : on dirait une tirade de film catastrophe, et pourtant c’est le morceau le plus calme de l’album jusqu’à présent. Tu m’étonnes, je suis crevé. Un titre qui aurait pu se positionner sur l’album précédent, même si les notes utilisées sont quand même plutôt basses (ou alors tout simplement c’est la basse qui est mise en avant).

This Time : pareil, du Starsailor très reconnaissable cette fois-ci. Comme pour nous dire que c’est bien le même groupe malgré tout. N’empêche, ils n’oublient pas d’apporter encore de la nouveauté à leur registre, même sur ce titre.

White Light : c’est encore un cocktail de début d’album qui est utilisé, si ce n’est la surprise d’un excellent moment de guitare électrique vers la moitié de la piste (la plus longue de l’album avec ses 4’35 »). On retrouve aussi un James Walsh qui s’égosille avec joie.

Jeremiah : déjà la fin, avec ce morceau. Les paris sont ouverts : calme ou pas calme? et bien la réponse est claire : acoustique! :super: Starsailor a tout compris sur la façon de conclure un album tel qu’ils viennent de le composer. « Jeremiah » est superbe, tout simplement.

Starsailor n’est pas Coldplay, et Starsailor met une grosse baffe dans la gueule d’amour de Chris Martin et les dépasse désormais dans mon classement de groupes préférés. Bien sûr, On The Outside n’est pas exempt de défauts, au premier rang duquel, la longueur : 11 titres pour 39 minutes. Mais question qualité, c’est largement compensé.
Et puis il y a le petit côté commercial « valeur ajoutée » avec l’édition soi-disant collector incluant un DVD. Ne vous faites pas avoir (c’est comme pour les Dandy Warhols, un autre disque Capitol tiens), ça ne vaut pas le coup.

Mais bon, ça, ce sont des broutilles quand on a une telle galette dans les mains, et un tel album dans les oreilles. C’est de l’or en barre, ça ne se range pas dans un vulgaire porte-CD, ça s’achète chez un disquaire et ça se place bien en vue sur l’étagère du salon. Et dans sa tête, ça va dans la case « 2005 », catégories albums de l’année. Et oui, encore…

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