Daft Punk - Random Access Memories

Daft Punk - Random Access Memories

Entre nostalgie et science-fiction, la musique de Daft Punk est créée pour être intemporelle. Sous cet angle, cet opus tant attendu en est la démonstration la plus aboutie.

En ouvrant l’album avec les guitares de Give life back to music, Daft Punk tue dans l’œuf tous les fantasmes futuristes qui jouissent sur la toile depuis l’annonce de l’album. Non, la musique de Daft Punk n’est pas le futur. Elle est la nostalgie du passé. Ce ne sont pas les robots qui importent, mais les sentiments que la musique leur procure.
Cette nostalgie est le fil conducteur de cet album. Tous les courants musicaux nés dans les années 1970 et 80 sont remis au goût du jour par le duo.
Avec l’attente que cet album a suscité, il paraissait normal de se précipiter et de faire une chronique track by track. Mais finalement, juger chaque chanson séparément c’est rater le vrai intérêt de cet album. Random Access Memories est une odyssée qu’il faut traverser de bout en bout pour la savourer pleinement. Du premier riff de guitare de Give life back to music jusqu’à la dernière modulation de Contact (basé sur des samples d’enregistrements d’une mission de la NASA), le duo retrace leur vision de l’histoire de la musique assistée par ordinateur. Des premiers Moog utilisés par le « maître » Moroder comme il le dit lui-même explicitement dans le magnifique Giorgio by Moroder jusqu’aux outils les plus récents. Une sorte de All Star du meilleur matos de production et des innovations musicales des 50 dernières années que les robots regardent tantôt avec leurs yeux de grands enfants et tantôt avec leurs talents de marionnettistes pour tirer le meilleur de chacun des invités (pour rappel : Giorgio Moroder, Chilly Gonzales, Nile Rogers, Pharell Williams, Julian Casablancas, DJ Falcon, Panda Bear, Paul Williams, Todd Edwards).

Daft Punk nous emmène en voyage. A travers l’histoire dans une DeLorean toutes options et à travers nous-mêmes et nos émotions. On sent bien à l’écoute qu’ils ont voulu créer leur « masterpiece ». Apporter leur pièce à l’édifice musical du siècle. Toujours entre hommages maîtrisés et énergie pure.

Finalement, à travers cet album, les robots rappellent à ceux qui les vénèrent que, eux aussi, ils ont leurs idoles et leurs rêves. Offrir 15 sec par-ci et 1 min par-là sur la toile, c’est peut être aussi un message à leurs fans : « Voici du matériel comme nous on en trouvait au début chez les disquaires. Alors samplez la musique que vous aimez, bidouillez la, rêvez, et créez la musique de demain ». Daft Punk n’est peut-être pas le futur de la musique, mais ils invitent à y croire, à le réaliser, et à les rejoindre sur leur planète robotique. Et pour parfaire ce message, il faudra le traduire sur scène. Sacré défi.

4.5 / 5

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