Il n'y a rien à censurer dans la dernière campagne Greenpeace

Il n’y a rien à censurer dans la dernière campagne Greenpeace

Face à l’urgence climatique : beaucoup de paroles (beaucoup de blabla), et très peu d’action. C’est le concept de la campagne Greenpeace qui illustre le décalage entre les discours et les actes des décideurs politiques.

Une campagne jugée « trop politique » par Metrobus (la régie en charge de l’affichage dans le métro parisien, filiale de Mediatransports) : les affiches n’y seront donc pas visibles, contrairement à d’autres villes.

Les affiches seront visibles dans les stations du métro de Lyon et Toulouse et sur le réseau tram de Montpellier et Bordeaux.

Laurence Veyne, directrice de la communication de Greenpeace.

La campagne a pourtant reçu la validation de l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité), qui n’hésite pourtant pas à donner un avis défavorable lorsqu’une campagne s’attaque aux lobbies pharmaceutiques par exemple.

La raison politique invoquée par Mediatransports est réelle mais elle ne se situe pas là où l’on croît : le budget publicitaire de la RATP est actuellement en cours d’appel d’offre. Metrobus/Mediatransports est donc en concurrence avec d’autres régies pour conserver ce budget, une véritable « machine à cash » estimée à 130 millions d’euros selon le magazine Challenges en 2019.

Le moindre faux-pas avant la décision d’attribution du budget (pour les dix prochaines années) serait donc fatal à Mediatransport, d’où un excès de prudence avec cette campagne de Greenpeace. Mais au final, avec tout l’écho médiatique donné à cette censure, le faux-pas politique ne viendrait-il pas déjà d’être commis ?