Test : Misfit Shine, l'ovni connecté

Test : Misfit Shine, l’ovni connecté

Nous les sportifs de la routine, les athlètes du quotidien, nous aimons croire que nous sommes actifs et pensons que nous entretenons notre corps sans rien faire. C’est pourquoi ces objets qui nous permettent de « tracker » le moindre signe d’activité en arrière-plan font fureur, comme pour se donner bonne conscience car de toute façon, du sport, on n’en fera pas plus. Pire, on continuera de poster régulièrement des photos de burgers et autre food tellement tendance. Je plaide coupable en tant que représentant de cette incohérence contemporaine, et après avoir testé le Nike Fuelband et le FitBit One, je m’attaque au Misfit Shine. Cet article devrait me faire brûler 5 ou 10 calories supplémentaires, c’est tout bénéf’ pour mes perfs’.

Shine bright like a diamond

L’histoire du Misfit Shine commence par du crowdfunding fructueux : ses créateurs avaient besoin de $100.000 pour lancer le projet, ils en récolteront presque $850.000 sur Indiegogo, avant une levée de fonds de plus de $15.000.000. On ne se fait donc pas de souci pour le lancement. Il faut dire que le produit, sous l’angle esthétique, a toujours été d’une forte attractivité. Il est joli, il donne envie, c’est un ovni.

Simple, beau, design. Totalement dans l’air du temps initié par l’esprit Apple. Vous allez craquer. Malheureusement vous allez aussi vite apprendre que le design ne fait pas tout. On a beau vous le répéter, il faut s’y confronter pour retenir la leçon.

Metal Gear pas si Solid

Dans les arguments du Misfit, on trouve l’utilisation de matériaux permettant de faire de lui un produit qui durera toute votre vie. C’est vrai que d’apparence, le Shine donne cette impression robuste, avec son métal solide (aluminium). Mais en réalité, il va s’abîmer, tomber, prendre des coups, c’est la vie… et vous allez même délibérément l’endommager à chaque changement de la pile bouton qui lui sert de coeur. Pour finir par avoir peur de nager avec, même si cela est expressément autorisé par la présentation.

Pas d’innovation logicielle

Calories, pas, kilomètres… les traditionnels indicateurs des « fitness trackers » sont bien là. Côté sommeil, le Shine affirme vous indiquer les phases d’endormissement léger ou profond, dans les faits, après vérification, les données sont erronées. Rien n’égale pour le moment le FitBit One ou le Jawbone Up, qui en plus ont une fonction d’alarme silencieuse par vibration très agréable. En revanche, le Misfit Shine donne l’heure (et ouais !) de manière originale quand on tapote dessus. Les tapotements permettent également de voir l’avancée de son activité au fil de la journée, ou de passer en mode sommeil.

Le grand retour de la pile

C’est un fait : contrairement aux autres appareils, le Misfit Shine n’a pas besoin d’être rechargé. Donc pas de câble. Indéniablement cela apporte un confort d’utilisation. Pour en arriver là, il faut donc avoir recours à… une pile. Une bonne vieille pile bouton comme dans les premiers jeux électroniques, les montres Swatch ou Casio. Ici, impossible de trancher à votre place : à vous de déterminer si en 2014, l’utilisation d’une pile au lieu d’une batterie rechargeable, c’est un vrai progrès ou un retour en arrière.

Conclusion : Shine a Light, mais pas plus

Si le Misfit Shine est une vraie réussite en matière de design, il est à la peine dans tous les autres domaines. Des données de sommeil douteuses, le strict minimum dans les applis iOS et Android, et limité dans la diffusion des informations avec son système de tapotement (mieux vaut compter sur son smartphone). C’est finalement une bonne nouvelle pour les constructeurs : la synthèse parfaite entre design et fonctionnalités n’a pas encore été faite, le marché reste ouvert.

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