Layers Of Fear, flipette sous un coup de pinceau...............

Layers Of Fear, flipette sous un coup de pinceau...............

Sur la carte mondiale des pays produisant du jeu vidéo, il en est un auquel on ne pense pas de prime abord. Alors ok, si je parle du The Witcher de Cd Projekt, on pige rapidement que je parle ici de la Pologne. Mais si j’évoque This War Of Mine ou Layers Of Fear – deux jeux indépendants ayant connu un joli petit succès – c’est également aux compatriotes de Robert Lewandowski qu’il faut penser. En 2015, alors qu’il existait en Allemagne une douzaine de studios indépendants, la Pologne en comptait près de 500 : forcément, dans le lot, des perles nous arrivent.

C’est avec un peu de retard – le jeu étant paru en 2016 – que je viens ici à parler de Layers Of Fear développé par la Bloober Team : un jeu horrifique à la première personne, sur la base d’un walking simulator dans un manoir où subsistent les traces de vie récente d’un artiste relativement torturé et de sa femme. On va pas y aller par quatre chemins, ce jeu n’est clairement pas recommandé pour une personne alternant ses périodes de jeux entre Super Mario Odyssey et les lapins crétins. Le décès sur arrêt cardiaque lui est alors promis. Non, il est ici préférable d’aimer les ambiances torturées, sombres…et surtout sursauter.

Promenons-nous, dans l’manoir….

L’entrée en matière de Layers Of Fear pourrait faire penser à un énième walking simulator, dans lequel on visiterait une grande demeure abandonnée par un artiste quelque peu torturé. Ce début peut-être un peu trop calme rebutera les moins patients ou les amateurs de bains de sang. Les sensations fortes arriveront au fur et à mesure de la visite des méandres d’un manoir qui se révéleront comme une image de la psyché de cet artiste. Qui est-il ? Qui sommes nous ? pourquoi est-on là ? qu’a t-il fait ? Pas mal d’interrogations connaîtront leur réponse au fil des 4-5 heures qui suffiront à venir à bout de cette expérience qu’il est conseillé de vivre le casque sur les oreilles.

A la manière d’un Silent Hill ou d’un Gone Home (dont le jeu pourrait revendiquer la filiation croisée), le gameplay se résumera parfois à la tentative d’ouverture de porte…qui ne peut l’être. On comprend rapidement qu’il ne sert pas à grand chose de chercher à explorer les moindres recoins du manoir. Le jeu invite à suivre un chemin de plus en plus torturé proposé aux travers d’indices sonores flippants ou d’effets visuels bien pensés. De très rares énigmes (pas bien compliquées) viendront permettre de respirer par moment, mais le sel de l’aventure viendra surtout des surprises de plus en plus terrifiantes préparées par les gars de la Bloober Team. Autant les premiers jump-scare se sentent arriver, autant passé la moitié du jeu, l’inventivité et la créativité dont font preuve les développeurs polonais parvient à nous faire péter le plafond avec des sursauts causés par des éléments terrifiques bien fichus.

… pendant que Vermeer n’y est pas 

Pas vraiment d’originalité dans un gameplay dont la simplicité sert la plongée dans une atmosphère d’une beauté lugubre. On comprend rapidement que la peinture sera l’élément central autour duquel tournera notre visite. Beaucoup de tableaux inspirés de la peinture hollandaise du 18-19ème siècle sont accrochés au mur et servent parfois d’éléments horrifiques. La plongée dans la psyché de notre hôte sera facilité par le hub central du jeu, symbolisé par l’atelier dans lequel l’artiste travaille son œuvre finale. La découverte progressive de celle-ci permet un découpage malin en chapitres de plus en plus effrayants.

Au final, Layers Of Fear, malgré des interactions limitées et un challenge quasi nul, se révèle une excellente expérience pour qui apprécie un tant soit peu les ambiances sombres, les histoires tragiques et les accélérations cardiaques. Un DLC permet de poursuivre l’aventure une paire d’heures, en permettant une revisite du même manoir au travers les yeux de la fille du couple revenant des années après sur les lieux de son passé. Flashbacks dans la peau de l’enfant et nouvelles découvertes viennent enrichir l’expérience. On y perçoit même une progression dans la manière dont l’histoire nous est contée ; les retours des joueurs ayant surement permis à nos chers polonais d’améliorer ce qui devait l’être.

La Bloober Team ne lâche pas l’horreur avec leur récente sortie Observer. Cette fois-ci c’est dans un monde futuriste cyber-punk qu’ils sauront à n’en point douter nous faire flipper : l’horreur ne connaît pas encore son âge d’or.

18 décembre 2017