We Love Green 2015 : petit festival est devenu grand

We Love Green 2015 : petit festival est devenu grand

En se replongeant dans notre mémoire, on a l’impression que We Love Green a toujours existé. Signe que le festival a su s’implanter rapidement, en seulement quatre éditions (2011, 2012, 2014, 2015). Parc de Bagatelle, ambiance couronnes de fleurs et fumeurs de weed à peine discrets, ce qui est sporadique dans d’autres festivals estivaux devient une véritable institution ici. Et c’est, une fois n’est pas coutume avec nos amis de Greenroom que nous partîmes plonger dans le paradis vert.

Listen & Think

Si par le passé on avait pu avoir l’impression que le côté « vert » de We Love Green n’était qu’un prétexte écolo-tendance pour justifier d’un nouveau festival parisien, force est de constater que l’organisation n’a jamais renoncé à ses valeurs, bien au contraire. Cette édition 2015 a vraiment installé le Think Tank, sorte de festival annexe composé de projections et conférences, réunissant de vraies personnalités engagées et inspirantes (Jeremy Rifkin, Paul Watson, Jean-Louis Etienne, Luc Jacquet, Corentin de Chatelperron…). Porter des messages, agir pour la planète, inciter à changer son comportement vis-à-vis des ressources naturelles, jamais le festival n’avait été aussi loin, et s’il continue sur cette lancée il pourrait bien renverser son concept pour faire de la musique « l’appât » à une sensibilisation du public.

Mais n’allons pas aussi loin dans la perspective : en grande majorité les festivaliers étaient là pour le line-up musical alléchant. Il y a ceux que l’on venait voir et qui ont tenu leurs promesses (Django Django, parfaits), ceux que l’on ne venait pas voir et qui ont tout de même mobilisé (Christine and the Queens…), ceux que l’on venait voir et qui ont un peu déçu (Julian Casablancas + The Voidz, décidément il y a quelque chose qui nous manque ; en tout cas chez la rockstar c’est la voix), et ceux qui ont surpris tellement agréablement qu’il convient d’en faire une mention spéciale :


Car oui, arrêtons-nous un instant sur ce point pour une réflexion un peu plus intellectuelle : depuis quelques années les festivals rock (et autres) ajoutent un artiste rap ou hip-hop dans leur programmation, et ils ont totalement raison. C’est certes une légère prise de risque (à base de « fuck police » à tout-va et tout le cortège de bons mots qui accompagne le genre) mais c’est terriblement payant pour mobiliser une foule. En réalité, aucun autre artiste n’aura autant emporté le public que Joey Bada$$ et ses acolytes — il y a toujours quelques fous autour du roi pour ambiancer — et cela fonctionne même si ce n’est pas forcément la tasse de thé du public (du thé vert bio, bien sûr). On s’était déjà fait la  réflexion l’année dernière à Rock en Seine, et c’était déjà pour… Joey Bada$$. Mais le constat se confirme sur d’autres festivals qui osent ouvrir leur scène à ces pros de l’entertainment musical. Ils ont le talent pour réveiller un public parfois un peu trop sage dans l’après-midi.

Alors oui, le combo poncho-imperméable + parapluie était utile en cette édition 2015 à la météo mouvementée. La patience pour se restaurer aux stands également, sans parler de celle nécessaire pour faire ses besoins. Mais We Love Green impose son style unique et a ce côté « TED du festival musical » qui le rend passionnant.

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