The Enemy, l'installation virtuelle qui vous confronte aux conflits du monde

The Enemy, l’installation virtuelle qui vous confronte aux conflits du monde

Si la réalité virtuelle est (revenu) à la mode depuis deux ans, THE ENEMY est un projet ambitieux qui n’a pas attendu le boom des casques pour se lancer. Produit par la société française Camera Lucida, épaulé par le département Nouvelles Ecritures de France Télévisions et l’ONF canadien, passé notamment par le MTI ou Sundance, exposé à l’Institut du Monde Arabe, c’est bel et bien le premier vrai projet en réalité virtuelle d’envergure en France.

Et cette installation sort en même temps que le projet « blockbuster » CARNE Y ARENA d’Alejandro González Iñárritu, exposé récemment au Festival de Cannes. Si le projet mexicain suit les pas de migrants traversant le désert vers une destination américain, THE ENEMY nous confronte aux conflits du monde. Palestine, Congo, Salvador, le journaliste Karim Ben Khelifa a parcouru tous les conflits, et développe ici ses impressions dans un environnement 3D, salle de musée où les propos de plusieurs combattants sont à écouter. Une visite virtuelle pas si innocente, plus pédagogique que sensationnelle.

Car THE ENEMY, tout comme le projet d’Iñárritu, n’ignore pas son contexte. Dans les deux cas, l’immersion se fait au coeur d’histoires humaines, de vies déchirées. Et l’expérience se veut complète : avant, pendant, après. A son arrivée le spectateur se voit remettre une tablette, et doit remplir un rapide (et anonyme) questionnaire précisant son regard sur les conflits abordés durant l’expérience. Son niveau de réponse et son identification par un simple numéro vont influencer sa visite. Puis c’est l’étape technique, avec l’entrée dans une grande pièce vide, et la récupération d’un casque et son sac à dos/batterie. La suite, c’est la déambulation dans un musée virtuelle, la rencontre avec les combattants, leur histoire et la confrontation en direct à d’autres réalités que la notre.

Le plus étonnant reste que cette expérience collective, à 4 ou 5 par sessions, se fait sans heurts : on « voit » ainsi les fantômes des autres visiteurs pour ne pas risquer de collisions bien réelles. Le parcours effectué, THE ENEMY livre son bilan, d’après le questionnaire d’origine mais également votre expérience face aux 6 histoire racontées. Bluffant visuellement, tant sur les espaces que sur le rendu des individus modélisés (qui suivent votre regard, dont on peut distinguer les tatouages…), THE ENEMY dépasse le simple stade d’exercice technique en se faisant oublier au profit des récits dévoilés durant ces 50 minutes de visite.

Pour ceux souhaitant aller plus loin, une application (iOS, Android) sera disponible à l’été 2017 et proposera de rencontrer en réalité augmentée 8 combattants. Plus d’informations sur le site officiel.

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