Les Arcs Film Festival 2018 - Jour 7 et Palmarès

Les Arcs Film Festival 2018 – Jour 7 et Palmarès

Dernier jour aux Arcs Film Festival… Déjà. Et s’il y a bien une chose à dire sur Les Arcs Film Festival, c’est THE PLACE TO BE (l’endroit où il faut être). Les personnes du festival sont tou-te-s très accueillant-e-s et souriant-e-s, prêts à aider sur tout et à assouvir nos désirs les plus fous. Ou presque, restons raisonnables. Troisième édition pour moi depuis 2015, espérons en couvrir une quatrième en 2019. Mais surtout, c’est l’endroit où il faut être, car je défie quiconque de nommer d’autres festivals où la rencontre de distributeur-rice-s et d’exploitant-e-s est aussi aisée et agréable. Et surtout, un festival où la presse n’est pas minimisée, mais belle et bien considérée comme un atout essentiel pour l’événement, un festival où tout le monde (que l’on soit professionnel, tout public, presse ou invité-e) se réunit dans les mêmes lieux de soirées autour de soirées très festives. Les Arcs Film Festival, dans le cœur.

Finis les éloges, passons à la journée cinématographique vécue en ce dernier jour aux Arcs. Tout d’abord, le nouveau film de Yolande Zauberman intitulé M. Un documentaire tourné en Israël, dont le titre n’est autre que l’initiale du prénom Menahem, personne que la cinéaste suit pendant une période pour construire son documentaire autour de lui. Tout comme je l’ai dit mainte fois sur les films historiques et les films d’époques : explorer la petite histoire sert davantage à raconter la grande Histoire. Ici, Yolande Zauberman l’a compris avec son sujet très fort : parler des abus sexuels commis par des adultes d’une communauté sur des enfants, en explorant le récit d’une seule personne en particulier (Menahem). Ainsi, toute la mise en scène se construit autour de lui, que ce soit dans son désir de retrouver certaines personnes du passé, dans la volonté de chercher la libération de la parole avec d’autres victimes, et dans son bonheur de témoigner d’un chemin vers la réconciliation. Film puissant à l’esthétique frontale et sombre.

A suivi le film BÊTES BLONDES, comédie française perchée de Maxime Matray et Alexia Walther. Produit par les producteurs de LES GARCONS SAUVAGES, et par les mêmes distributeurs UFO Distribution, cette comédie contient à la fois une absurdité, une cocasserie et un côté dramatique à travers une romance. Pas loin des douces folies de Sébastien Betbeder et de Antonin Peretjatko, BÊTES BLONDES contient pourtant sa propre identité visuelle. Légèrement encré dans le surréalisme, le film dévoile une mise en scène qui ne tend pas vers la comédie. C’est bien la dimension tragique d’une romance brisée qui anime l’ensemble, prenant donc un chemin cocasse et absurde dans l’exécution des rapports entre personnages et leurs attitudes. C’est le choix de dessiner la comédie autour du drame, pour le raconter et le voir à travers le prisme de l’étrange et du mystère. Comme si l’esthétique et la mise en scène seraient la projection physique et matérielle d’un esprit fou et perdu.

Enfin, troisième film de la journée, et surtout dernier film vu lors de ce festival, le très attendu LA FAVORITE de Yorgos Lanthimos. Film d’époque qui se mélange à de la comédie, son nouveau film a le pouvoir fascinant de réveiller le film d’époque britannique. Genre à part entière dans le cinéma britannique qui était un peu monotone et sans surprise depuis une bonne décennie, LA FAVORITE a le privilège d’avoir le regard et le style de Yorgos Lanthimos derrière la caméra. Loin de chercher à embellir des espaces, une ambiance et l’environnement de l’époque, l’esthétique capte quelque chose qui brûle à petits feux, une ironie et une absurdité qui fonctionnent dans un tourbillon. Autour des trois fabuleuses actrices que sont Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone, la mise en scène de Yorgos Lanthimos saisit l’irrévérence, l’énergie, l’absurdité et la détermination d’une cour qui s’accroche au pouvoir. Entre l’avarice, l’opportunisme, la peur et le mépris, se construit dans LA FAVORITE un véritable ballet sauvage et baroque. Délicieux.

Il est temps de dévoiler le Palmarès de la 10e édition des Arcs Film Festival :

  • FLÈCHE DE CRISTAL pour C’est ça l’amour de Claire Burger ;
  • GRAND PRIX DU JURY pour Joy de Sudabeh Mortezai ;
  • PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE pour Emelie Jonsson dans Aniara de Pella Kagerman et Hugo Lilja ;
  • PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE pour Bouli Lanners dans C’est ça l’amour de Claire Burger ;
  • PRIX DE LA MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE pour Bernhard Fleischmann pour L’Animale de Katharina Mückstein ;
  • PRIX DE LA MEILLEURE PHOTOGRAPHIE pour Ari Wegner pour In Fabric de Peter Strickland ;
  • PRIX DU PUBLIC pour Smuggling Hendrix de Marios Piperides ;
  • PRIX DE LA PRESSE pour C’est ça l’amour de Claire Burger ;
  • MENTION SPÉCIALE DU JURY PRESSE pour Aniara de Pella Kagerman et Hugo Lilja ;
  • PRIX DU JURY 20 MINUTES D’AUDACE pour In Fabric de Peter Strickland ;
  • PRIX CINEUROPA pour Aniara de Pella Kagerman et Hugo Lilja ;
  • PRIX DU MEILLEUR COURT-MÉTRAGE pour The Girl With Two Heads de Betzabé Garcia ;
  • MENTION SPÉCIALE DU COURT-MÉTRAGE pour Bonobo de Zoel Aeschbacher ;
  • PRIX DU JURY JEUNE pour Mug de Malgorzata Szumowska ;
  • MENTION SPÉCIALE DU JURY JEUNE pour Aniara de Pella Kagerman et Hugo Lilja.

Sans oublier, pour finir le festival en beauté : le dîner de clôture et le concert de clôture. Histoire de finir en festivités, et surtout de tous se retrouver pour une dernière soirée autour d’un esprit fou et convivial.

A L’ANNÉE PROCHAINE, enfin j’espère !

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