Les Arcs Film Festival 2018 - Jour 4

Les Arcs Film Festival 2018 – Jour 4

Quatrième jour dans la neige des Arcs. Pas de neige qui tombe au matin, mais l’apparition d’un grand soleil. C’est jour de presque de repos pour moi. Voire même de programme décalé : j’ai programmé ma première séance à 17h45, et la suivante à 20h30. Seulement deux films, en effet, mais ce fut l’occasion de recharger les batteries. Outre le quotidien d’écriture matinal, je me suis offert une petite sieste en début d’après-midi, sur un canapé que j’aimerai beaucoup ramener chez moi. La fin de la sieste a reboosté les batteries internes, et prêt à repartir à l’aventure. Avant la première projection,direction la boutique de souvenirs à Arc 2000 que j’apprécie tant. Le temps d’acheter quelques cadeaux pour Noël, et ensuite de se rendre à la Salle des Festivals pour l’ouverture du Sommet.

Grande ouverture, très dure ouverture, forte ouverture… les qualificatifs sont nombreux,tellement le film qui a ouvert le sommet est chargé d’émotions et si bien construit. LE SILENCE DES AUTRES, documentaire espagnol de Robert Bahar et Almudena Carracedo, produit par Pedro Almodovar, suit le combat de plusieurs personnes qui sont victimes des assassinats perpétués sous le régime du dictateur Franco. Que ce soit dans la perte d’un parent (ou deux), d’un enfant,d’un frère ou une sœur, etc… Sauf que le gouvernement espagnol a voté en 1977 une loi d’amnistie, et cela ne permet pas à ces victimes de porter plainte ou de récupérer les cadavres de leur(s) proche(s). Le documentaire retrace tout le voyage intime et la lutte pour réussir à gagner quelques batailles contre les gouvernements espagnols successifs. LE SILENCE DES AUTRES est bouleversant et très beau car, pour traiter son propos et la dénonciation qui va avec, les deux cinéastes donnent simplement la parole à ces victimes. En s’effaçant presque complètement, au profit de quelques témoignages face caméra, ils permettent à ces paroles de ne faire qu’une seule. En allant explorer l’histoire personnelle de plusieurs victimes, LE SILENCE DES AUTRES unit et va chercher l’Histoire d’espace en espace, de maison en maison, d’intimité en intimité. Parce que, comme l’a compris Laszlo Nemes avec LE FILS DE SAUL, c’est par la petite histoire (intime, personnelle) que l’on rend bouleversante et que l’on raconte mieux la grande Histoire. Coup de cœur absolu (pour l’instant).

Après le documentaire espagnol, il a fallu enchaîner. En effet, en temps de festival,je ne peux pas me cantonner à un seul film par jour. Il m’en faut minimum deux à trois par journée. Ainsi, C’EST CA L’AMOUR de Claire Burger est mon second et dernier film de ce Mardi 18. Petite journée cinématographique, donc. Mais une belle journée cinéma. Car après la claque reçue par le documentaire espagnol, j’ai pu découvrir le magnifique et touchant C’EST CA L’AMOUR, en compétition au festival. Il est amusant, mais surtout glorifiant et honorable, de voir un film de femmes qui possède un point de vue masculin. C’est rare, et quand c’est aussi bien, il faut le dire ! C’EST CA L’AMOUR a tout de même l’excellent et passionnant Bouli Lanners en tête d’affiche, accompagné de deux jeunes actrices fascinantes : Sarah Henochsberg et Justine Lacroix. Un trio qui montre que l’amour familial est extrêmement important, et qu’il est surement le plus beau qui puisse exister. Sans trop en dire, car une critique complète sera faite sur ce film, C’EST CA L’AMOUR est un petit bijou de traitement de personnages. Avec une mise en scène à la fois modeste mais bienveillante,Claire Burger ne rend jamais mauvais aucun de ses personnages. Ils ont tous leurs problèmes personnels, mais qui vont impacter leurs proches. Ainsi, le film associe tous ces points noirs dans la vie des protagonistes pour en faire un ensemble qui éclate petit à petit. Mais c’est évidemment l’amour qui triomphe ;et de voir des personnages aussi ordinaires mais aussi pleins de vie et de volonté fait de C’EST CA L’AMOUR un film dramatique mais solaire.

Fin de journée cinématographique. Soirée ou pas soirée ? Pas de soirée, car il faut se lever tôt le lendemain, avec une séance à 9h du matin pour le film EL REINO, programmé aussi au Sommet. Ainsi, un peu de travail, un peu de repos tranquille dans l’appartement, puis direction sous la couverture. Il y a tout de même eu un moment fort agréable dans cette fin de journée. Quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, tout simplement parce que l’idée ne m’était jamais venue à l’esprit. Celle de quitter Arc 2000 et rejoindre le Village Arc 1950 en prenant le chemin à pied. Une belle petite descente à pied dans la neige, dans le noir complet, avec les lumières de tous les villages aux alentours. Magique.

See you !

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