Les Arcs Film Festival 2018 - Jour 3

Les Arcs Film Festival 2018 – Jour 3

Troisième jour au 10e Les Arcs Film Festival. La neige tombe toujours, il faut encore très froid, les pieds s’enfoncent dans la neige du village, les skieurs sont une nouvelle fois à fond. Je peux témoigner de tout ceci, depuis mon balcon. Oui, encore une fois, je n’ai pas quitté l’appartement de toute la matinée. Mais voilà, je ne suis pas encore allé au coin bien-être, je n’ai même pas skié. Il y a encore du temps, mais les journées deviennent de plus en plus chargées en projections et en événements. Demain Mardi 18, c’est notamment l’ouverture du Sommet, avec plein de films attendus et alléchants. Mais l’heure n’est pas à parler du futur, revenons sur cette modeste et rapide journée du Lundi 17 Décembre.

Rien de vraiment fou à raconter, aucune participation à un seul événement. Je ne suis pas allé au concert jazz à Arc 2000, rentré trop tard d’une projection. Je ne suis pas non plus allé à la soirée festive au Bowling à Arc 2000, pas vraiment inspiré par cet événement. Néanmoins, j’ai encore vu des films. Parce que, tout de même, je couvre surtout le festival pour les films sélectionnés. Alors, quel fut le programme de cette journée ?

Village Arc 1950

Au total, trois films supplémentaires vus. La série de projections a débuté à 13h, avec le film en compétition SMUGGLING HENDRIX de Marios Piperides. Film chypriote qui prend le ton de l’humour (ici la satire) pour évoquer un contexte politique tendu, avec l’occupation turque d’une partie de l’île. Entre allers et retours entre la zone libre et la zone occupée, le film est agréable grâce à son quator de personnages déterminés et qui n’ont pas demandé à participer à untel contexte tendu. Les voilà embarqués dans une aventure cocasse et dangereuse, pour retrouver un chien. Entre comédie et aventure dramatique, le film chypriote excelle quand son ambiance devient anxiogène et que sa mise en scène joue parfaitement du hors-champ.

Après ce film en compétition, pas question de se tourner les pouces. Retour direct dans la file d’attente pour le film suivant : NOS VIES FORMIDABLES de Fabienne Godet. On pourrait faire le rapprochement avec le récent COME AS YOU ARE de Desiree Akhavan. Là où ce-dernier explore l’intégration difficile d’une adolescente homosexuelle dans un établissement qui tend à la persuader que son orientation sexuelle est contre nature. Entre dénonciation et bienveillance, NOS VIES FORMIDABLES est dans la même lignée, mais en explorant des personnages avec une addiction à l’alcool ou la drogue. Le film a les mêmes problèmes que celui de Desiree Akhavan : un récit par à-coups comme des mini-épisodes,des personnages secondaires qui manquent cruellement d’ampleur, un montage trop transparent et explicatif. Mais il en a les mêmes qualités : la déambulation intime et collective dans ce huis-clos suffocant, une esthétique propre et douce envers les personnages, la frontalité du collectif et les sursauts joyeux qu’il peut provoquer.

Entrée du Manoir Savoie par la route

Pendant la projection de NOS VIES FORMIDABLES, le ventre a crié « j’ai faim ». Alors, en sortant de projection, rien de mieux que de s’installer confortablement au Ciné-Bar du centre Bernard Taillefer, pour y faire une petite pause gourmande : une barquette de frites et une limonade locale. Les personnes y travaillant toute la journée y sont fort sympathiques, et rendent cet endroit encore plus convivial qu’il ne l’est déjà. Mention spéciale au chef cuistot, qui m’a reconnu depuis ma première venue aux Arcs en 2015. L’occasion d’aller papoter un peu avant la prochaine séance, et de goûter rapidement la soupe potimarron-cacahuètes. Mais quel délice !

Troisième et dernier film du jour : JOY de Sudabeh Mortezai. Quatrième film de la compétition que je vois, et décidément, elle n’est pas très joyeuse cette année (pour l’instant). Même si L’HOMME FIDÈLE et IN FABRIC peuvent être crédités comme des comédies, le côté dramatique de l’un et le côté fantastique-surréaliste priment lorsque on voit les films. Entre les méandres amoureux, la critique fantasmagorique de l’industrie de la mode, le contexte politique en Chypre, et dans JOY le cercle vicieux de l’esclavage moderne (la prostitution de jeunes femmes qui arrivent du Nigeria pour aider financièrement leurs familles restées en Afrique), il y a quelque chose de fort dans le propos, mais dont l’expérience est brutale en émotions. JOY est un film noir, un drame intime qui résonne par la répétition des mouvements de sa protagoniste.Entre le logement pas très accueillant, une patronne autoritaire, le retour constant sur le même trottoir, Sudabeh Mortezai filme le calvaire de sa protagoniste dans une ambiance qui n’est propice qu’au business. Quand la fatalité de l’argent vient effacer tout désir et tout espoir. Film très dur.

Après ces trois expériences de cinéma très différentes, mais qui forment en soi une assez bonne journée cinématographique, il est temps de dîner en travaillant.Avant le retour à l’appartement, c’est un retour que j’attendais personnellement : prendre une pizza à La Vache Rouge, restaurant du Village Arc 1950. Délicieuse pizza végétarienne, que je conseille à tous ceux qui seraient en panne d’idées pour leurs repas durant la semaine, ou même qui voudraient faire preuve de gourmandise.

Comme dirait Mitterand : « au revoir ».
Maison se revoit demain, voyons.

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