Ce qu’il faut retenir de la 26ème édition de la Route du Rock

Ce qu’il faut retenir de la 26ème édition de la Route du Rock

La Route du Rock, c’est le pèlerinage musical breton pour les amoureux de la musique indépendante. Pour ne pas changer les bonnes habitudes, nous y étions cette année. Le temps de se remettre de nos émotions, on vous raconte nos (nombreux) coups de coeur et nos (quelques) déceptions. 

Cette 26ème édition de la Route du Rock ne ressemblait pas beaucoup aux éditions précédentes. La météo, déjà. Un soleil de plomb, des gambettes nues à perte de vue et zéro goutte de pluie déplorée durant les 3 jours. Le budget ensuite. Après l’annulation de la diva islandaise dont on taira le nom l’an dernier, le festival a dû resserrer cette année les dépenses. Une scène plus petite, un bar en moins et une équipe réduite. La conséquence majeure? Une programmation dont certains déploraient l’absence de tête d’affiche. Pas grave pour les amoureux du festival, qui ont été 13.500 au rendez-vous. Mais n’en déplaise aux sceptiques, il faisait bon vivre à cette Route du Rock. L’accueil public, déjà amélioré lors des précédentes éditions, était très agréable. La programmation, elle, était tout aussi soignée que les années précédentes. Une tête d’affiche n’étant pas un festival, on pouvait retrouver chaque soir et après-midi bon nombre de concerts excitants. L’ambiance, quant à elle, était toujours aussi belle et (très) (trop?) festive.

Cette édition s’est démarquée, à notre goût, par un retour en puissance des concerts rock. Les artistes électroniques, moins rassembleurs cette année, ou tout simplement absents (coucou The Field) nous ont moins convaincus que lors des éditions précédentes. Logique, donc, que dans notre palmares, les concerts à guitare aient la part belle.

Les 5 groupes qu’il ne fallait pas manquer lors de cette édition. 

5 : Les New Yorkais de Fat White Family ont joué le jeu : roulades sur scène, hurlements en tout genre et foule en délire. Ceux que l’on décrit comme des sales gosses, en interview comme en concert, n’ont pas failli à leur réputation. Pour le plus grand bonheur des festivaliers.

4 : C’était pas gagné d’avance, mais c’est La Femme qui prend la 4ème place de ce classement. Nous étions pourtant peu convaincus en écoutant leurs albums (et surtout leur dernier single, Où va le monde), et la Femme a livré un concert honnête, ponctué de bonnes surprises . Les running gags d’entre morceau n’étaient, eux, pas forcément obligatoires.

3 : Kevin Morby a fait chavirer les coeurs dès le vendredi soir. Sous le soleil légèrement couchant, avec des montgolfières volant dans le ciel (qui n’ont pas manqué de rappeler le fabuleux concert de Mac Demarco il y a deux ans), les titres délicats et gracieux de l’américain ont trouvé écho dans un cadre idyllique. Le moment de grâce du festival.

2 : Battles, c’est une valeur sûre. Pour autant, on est toujours aussi émerveillés devant leurs live. Samedi encore, on s’est retrouvés avec la délicieuse sensation de ne pas tout comprendre à ce qui se jouait sur scène en face de nous, tout en étant sûrs que c’était fabuleux. Impossible  de ne pas s’incliner devant le talent fou des champions de la musique expérimentale New Yorkaise. Mention spéciale au batteur qui tape plus fort sur ses caisses que tous les batteurs du festival réunis.

1 : Les champions du Fort cette année ne jouaient pas sur la grande scène, mais sur la scène annexe des remparts. Dimanche dernier, FIDLAR a donné une leçon de live aux milliers de festivaliers massés devant eux. Les américains ont enchaîné les tubes sans que l’on ait le temps de reprendre notre souffle. Ça jouait fort, et ça jouait très bien. FIDLAR nous a montré qu’on pouvait être le groupe de punk rock le plus fou du moment, tout en jouant et chantant à la perfection. C’est ce savoureux mélange de folie et de rigueur qui nous pousse à les mettre au top de ce palmarès. À ne pas manquer si vous avez l’occasion de les croiser en festival ou en concert près de chez vous.

Les déceptions du festival (car il en faut) 

1: Belle & Sebastian, qui a très bien repris ses tubes, mais sans la même flamme que lors de leur précédent concert à la Route du Rock il y a déjà 10 ans.

2 : Honnêtement, ce fut compliqué de ne pas s’endormir devant Tindersticks.

3 : Le final du festival, Jagwar Ma, qui n’a pas commencé assez fort pour capter et garder l’attention des festivaliers.

L’absent (chaque année il en faut un sinon c’est pas la Route du Rock) :

Apparement The Field aurait jugé bon de louper son avion, et par conséquent son concert. C’est dommage, on aurait adoré le voir.

À l’heure de faire le bilan, on ne garde que les bons souvenirs. Ce fût une très bonne édition de la Route du Rock. Et face aux rumeurs (sans doutes infondées) qui circulent sur la mort du plus beau festival breton, on préfère compter sur la force de vie de la Route du Rock (qui en a vu d’autres) et l’investissement incommensurable de ceux qui la font vivre depuis 1991 : Rock Tympans, les techniciens, les bénévoles et les festivaliers. On a déjà hâte de renfiler les tongs l’an prochain, et de se donner rendez-vous au fort Saint Père.

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