X-Men : Le Commencement

X-Men : Le Commencement

Les préquels se succèdent au cinéma, et celui de X-Men ne fait pas exception : il est réussi.

X-Men : Le Commencement (ou X-Men: First Class) nous raconte comment Charles Xavier est devenu le Professeur X et Erik Lehnsherr est devenu Magneto. Et puis quelques autres : Mystique, Fauve… bref ceux qui pourront vieillir pour être présents dans la trilogie « d’avant ». On a même droit à un sympathique caméo de Hugh Jackman / Wolverine.

Mais recentrons-nous sur l’histoire, celle de l’amitié entre Charles et Erik. Deux jeunes hommes, deux visions de la cause mutante même si au départ seul Charles a réellement une vision, tandis qu’Erik est rongé par sa volonté de venger la mort de sa mère, tuée par le nazi Sebastian Shaw (convaincant Kevin Bacon). X-Men : Le Commencement c’est la naissance de deux meilleurs ennemis qui ont toujours eu du respect et de la sympathie l’un envers l’autre. Et là encore ce volet de la saga est loin du manichéisme « gentils mutants contre méchants mutants » pour nous proposer sa réflexion sur la différence et la tolérance. Derrière la caméra, Matthew Vaughn doit évidemment rester plus sobre que son débridé Kick-Ass mais continue sans mal le sans-faute livré par les différents films X-Men jusqu’à présent. On en redemande, encore.

CRITIQUE DE MG

Matthew Vaughn nous avait quitté, la tête basse, sur le chemin du X-Men : The Last Stand, dévolu ensuite à un Brett Ratner devenu bon (ou pas) éxécutif. Matthew s’était ensuite dirigé vers d’autres chemins, revenant vers les geeks l’an passé avec un Kick Ass assez sympathique. Redorant son blason, c’était lui à son tour qui remplaçait manu militari Bryan Singer (ex X-réal’ aussi..) à la tête du reboot caché de la saga, premier épisode des origines afin d’effacer les erreurs passés pour relancer la saga des mutants. Pari réussi? Oh que oui, et dans le marasme des adaptations à venir, ça fait presque du bien.

Loin d’être parfait, ce 4e volume, le premier en ordre chronologique, réussit à rassembler les morceaux du puzzle pour les refaconner à sa sauce, et nous replonger en pleine guerre génétique sans coup férir. Après une séquence d’ouverture directement connecté au travail de Singer (quand même producteur ici, il n’est pas loin), nous voici en pleine année 1962. La guerre froide fait rage, et le Club des Damnés tentent d’attiser le tout pour rapprocher le monde de sa chute finale. Seulement voilà, en face de lui se trouve la CIA, et quelques mutants aux intérêts divers, dont un certain Charles Xavier accompagné d’un nouvel allié, Erik Lehnsherr. Les futurs grands ennemis se serrent les coudes ici, dans les premiers temps de l’ère mutant pour fonder leur dynastie. Non sans divergences, ils se rassemblent face un ennemi commun, incarné par un Kevin Bacon habité. D’ailleurs de casting, en voilà un plutôt solide : James McAvoy, Michael Fassbender, Rose Byrne, January Jones, … Rien que ça, ça vaut le détour.

Fini les errances donc pour les X-Men, nous voici dans le concret : rebâtir une franchise sur les ruines de la précédente (3 films quand même, comme les Spider-Man) pour engranger quelques millions de plus. Matthew Vaughn sait désormais y faire, et nous voilà servi : ambiance 60′, casting nombreux, ellipses à gogo, combats ou dialogues… Le film est des plus denses, et manœuvre pour que l’histoire (la petite dans la grande) avance sans en perdre un morceau. Nos mutants voyagent (pour une fois pas de faux accents), parcourt le globe pour arrêter Sebastian Shaw, tels les héros de comics passant leur vie dans le X-Jet à se promener. Des références, il y en a, aux comics et aux films (surveillez quelques apparitions savoureuses!), on sent que les auteurs se sont amusés. Pur produit de la nouvelle génération de films pour geek, ce retour à l’écran des X-Men est à saluer comme l’une des meilleurs adaptations de ces dernières années, à hauteur de son aînée qui avait ouvert le bal voici dix ans, et saura offrir autant de choses aux fans qu’aux néophytes, voir aux amoureux des 60′.

La paire Vaughn-Singer a donc réussi son pari, haut la main. Reprenant la trame des précédents, sans être forcément au détail près (afin de créer ou recréer leurs nouveaux x-men), ni éviter quelques faiblesses, ils nous placent devant le fait accompli : une nouvelle trilogie des X-Men il y aura. Et on en sera.

4 / 5