Rencontre avec Toby MacDonald, réalisateur de OLD BOYS

Rencontre avec Toby MacDonald, réalisateur de OLD BOYS

Nous avons eu la chance de rencontrer et converser avec le réalisateur britannique Toby MacDonald, présent au Dinard Film Festival pour son film OLD BOYS en compétition. En voici les détails :

Onlike : Que pensez-vous du festival et de la ville de Dinard ?
Tony MacDonald : Très bel endroit. Super endroit pour visiter. Et j’ai été stupéfait par le public, très enthousiaste et motivé par les films. C’est très sympathique d’y venir à ce moment (de l’année), c’est aussi très chaleureux. Les gens y sont très ouverts à la culture britannique.

D’où vient l’idée de OLD BOYS ?
T.M. : Nous avons eu l’idée qu’une fille dans une école remplie de garçons serait une histoire intéressante. Et qui pourrait aussi être drôle. On a également pensé à l’histoire de Cyrano de Bergerac. Puis nous avons décidé de combiner les deux idées. Ca a donné quelque chose de vraiment drôle et divertissant à raconter.

Comment Pauline Étienne et Denis Ménochet ont rejoint le projet ?
T.M. : Denis Ménochet était notre premier choix. Nous savions qu’il était apparu plusieurs fois dans des films britanniques. Nous avons donc essayé de l’avoir, encore et encore. Puis on a réussit à lui parler. Nous avons eu de la chance de l’avoir, car c’est vraiment un acteur brillant.

Il a un sens du burlesque dans son jeu.
T.M. : Oui, exactement. Son côté comique est super. Même s’il est un brillant acteur dramatique, il est aussi incroyable dans la comédie. Il y a plusieurs moments, sur le plateau, où il arrivait et proposait quelque chose. Et souvent, je pensais « wouah, c’est un génie ». Et je lui disais de continuer ainsi. Pour Pauline Étienne, nous avions vu EDEN (Mia Hansen-Love, 2014) et LA RELIGIEUSE (Guillaume Nicloux, 2013). C’est une superbe actrice. Et aussi, parce que nous avions déjà Pauline Étienne, ça a aidé pour avoir Denis Ménochet. Ils ont déjà travaillé ensemble, notamment pour des castings. Ils avaient déjà une alchimie. Je pense que Denis Ménochet a senti qu’ils pouvaient, ensemble, bien jouer la relation père-fille.

Comment avez-vous travaillé l’ambiance du pensionnat ? On peut penser à SCUM d’Alan Clarke, mais OLD BOYS est davantage une comédie.
T.M. :
Oui, nos références étaient SCUM (Alan Clarke), IF…. (Lindsay Anderson), ZÉRO DE CONDUITE (Jean Vigo), un peu de VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU (Milos Forman). Ce type de films de prisons et films d’institutions demande une certaine atmosphère. Dans OLD BOYS, il y a cette atmosphère avec la cour, avec les corridors, etc. C’est comme une prison, sans en être une. Créer tous ces éléments très cinématographiques fut très intéressant et amusant.

Il y a davantage une tendance à « ouvrir les portes » dans OLD BOYS, pour se rapprocher de la nature et s’y intégrer. Il y a même, au montage, presque davantage de scènes en extérieur que dans l’intérieur du pensionnat.
T.M. :
Bien sûr. Mais l’équilibre est quelque chose de difficile à faire. Souvent dans ce genre de film, il y a une façon de mettre en scène les personnages : ils vont à l’extérieur, puis retournent à l’intérieur, puis cela continue. C’est tellement compliqué dans un film quand il y a quelque chose qui retient les personnages. Des fois, tu dois montrer l’extérieur au/à la spectateur-rice, et ensuite retourner en intérieur. C’est ce qui rend le film plus émouvant et puissant. Je tenais à cet esprit où Agnès donne une forme de liberté à Amberson.

La scène de la barrière est forte, de ce point de vue de la liberté.
T.M. :
Oh oui, grand moment. Agnès est du genre à le pousser à la franchir. Mais Amberson est plutôt du genre à penser qu’il ne peut pas le faire.

Amberson regarde souvent cette barrière, quand il est seul, mais sans la franchir. Il a eu besoin d’Agnès pour la franchir.
T.M. :
C’est un moment très cinématographique, quand un personnage franchit un obstacle. C’est simple à faire dans le Cinéma, mais c’est beau.

Est-ce que la comédie est une manière pour les personnages, et le ton, d’échapper quelque peu à la vie rigoureuse et stricte du pensionnat ?
T.M. :
Je dirai plutôt que c’est l’amitié qui le permet. Le fait d’être ensemble permet déjà de s’échapper (ndlr : mentalement). Comme dans l’armée, il y a la camaraderie qui permet de surmonter la situation. Mais sinon, bien sûr que la comédie est quelque chose qui n’appartient pas vraiment au pensionnat. La fraternité et la comédie sont les deux éléments qui rendent le pensionnat vivable.

Est-ce que vous aimez les films de Michel Gondry ?
T.M. :
Oh oui, beaucoup. Je pense que c’est un génie. Ce que l’on voulait ressentir avec OLD BOYS, plutôt que ce soit les personnes chargée du décor qui crée les éléments, que ce soient les personnages qui créent ce qu’il faut. Comme certains de mes personnages qui, quand ils s’échangent des lettres, construisent des choses de plus en plus élaborées.

Une question bonus : que pensez-vous du cinéma français ?
T.M. :
Si vous voulez vraiment partir là-dessus, je peux en parler pendant des heures. Depuis que je suis enfant, le cinéma français est l’une de mes obsessions. J’en suis un grand fan. Des films muets jusqu’aux films des années 50, en passant par la Nouvelle Vague, j’aime tout. J’aime le cinéma français des années 70, j’adore Rivette, j’adore LA MAMAN ET LA PUTAIN. Mais ce que j’aimais le plus quand j’étais adolescent, c’étaient les gros films qui s’exportaient en Angleterre tels que JEAN DE FLORETTE, MANON DES SOURCES, le CYRANO DE BERGERAC de Rappeneau. Je trouve la culture français merveilleuse, avec de vraies stars et des metteurs en scène brillants. Mon film français favori reste L’ARMÉE DES OMBRES de Melville. Quel film !

 

Merci à Toby Macdonald et à l’équipe de Pierre Laporte Communication pour cette interview.

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