World Invasion : Battle Los Angeles

World Invasion : Battle Los Angeles

Faire un film de guerre contre des aliens hostiles c’est toujours tentant. Mais à un moment, il faut savoir se démarquer. C’est ce que ne fait absolument pas World Invasion : Battle Los Angeles. Nous avons là une accumulation de clichés et de scènes classiques du genre, où l’effet de surprise n’a pas sa place.

Août 2011 : ils sont arrivés, ils ont attaqué toutes les grandes villes de la planète, ils en veulent clairement à nos ressources naturelles (en particulier l’eau) et ils n’hésiteront pas à exterminer tout le monde pour les avoir. Ces sont des aliens, un peu comme des insectes mécaniques, très résistants et très avancés en terme de puissance de feu. Bref, un combat perdu d’avance. Mais est-ce suffisant pour décourager les valeureux Marines des Etats-Unis ? Que nenni ! Et c’est ainsi qu’un petit bataillon va s’aventurer dans la zone ennemie de Santa Monica (sous contrôle alien) pour tenter de porter secours à une poignée de civils recluse dans un commissariat, avant que tout le secteur ne soit bombardé. Vous connaissez le topo : une dizaine de soldats au départ, combien à l’arrivée…?

C’est dommage de voir Aaron Eckhart embarqué dans le rôle principal, un peu moins surprenant d’y trouver Michelle Rodriguez par contre. Tout cela aboutit à un peu moins de 2 heures de déplacements dans des ruines de bâtiments et carcasses de véhicules, pour des rencontres du troisième type des plus bruyantes. World Invasion : Battle Los Angeles se subit plus qu’il ne se vit, et donne même la désagréable sensation de passer pour un film de propagande de l’armée US. Un mélange raté de La Chute du Faucon Noir et de District 9. Au suivant.

CRITIQUE DE MG

Who is John Wayne? Cette phrase prononcée par un troufion de base, du fond de son tank sous pilonnage extra-terrestre, nous remet les idées en place ; on ne retrouvera pas ici la qualité des combats d’antan, les effets spéciaux ayant pris la place des vieux colts. Wayne ne se retournera pas dans sa tombe, aucune concurrence à avoir..

Comic Con, buzz, marketing viral.. Ce Battle Los Angeles, rapidement rebaptisé BLA, était fortement attendu par la communauté geek. Et ce n’était pas le Skyline de fin d’année qui allait prendre sa place. Nous voilà donc avec la dose annuelle d’invasion extraterrestre, quelques temps après le moyen Cloverfield, et la belle surprise District 9. La science fiction tente de redorer son blason : une énième invasion de Los Angeles allait elle changer les choses?

BLA s’engage directement dans le combat, et c’est une bonne chose. Enfin presque, car on aura droit quand même à un petit flashback, histoire de dire qu’avant tout allait bien, et de présenter les personnages. Ne vous embêtez pas, on leur donnera juste un numéro, tous des soldats des Marines, glorieux corps de l’armée US, des vrais durs à cuire au grand cœur. Oui, car le film ne se fera pas au détriment de la belle image de la formation à l’américaine. Oui, ils ont quelques conflits en cours, il s’agirait de faire un peu de pub’.. Et BLA en ferait presque trop! Valeureux, infatiguable, la belle parole, le courage et des idées, les voilà nos Marines. Alors qu’une invasion alien débarque en quelques heures, et plonge Los Angeles dans un chaos indescriptible, les Marines ne reculent pas (Hourra!) et partent au front. Perdant des amis, gagnant des rues, sauvant des vies (forcément des émigrés mexicains), repoussant l’ennemi.. Jusqu’à un final un peu trop bousculé, pas forcément risible, mais qui boucle le tout pour cette bataille. Sur une dernière image des glorieux Marines, sous clones de Jack Bauer, le film lance son générique de fin sur une belle note, en oubliant toutefois de laisser le numéro de téléphone pour s’engager.

A la barre, Liebesman s’amuse visiblement. Revenu de son remake de Massacre à la Tronçonneuse, en plein Choc des Titans 2, le voilà promenant les grosses gueules de soldats dans les rues de Beverly Hills, Aaron Eckhart et Michelle Rodriguez en tête. N’arrivant pas à fixer son image, il se promène entre quelques plans très léchés, presque beaux, et une succession d’images de combats classiques, déjà vus ailleurs, sans personnalité. BLA jongle donc entre les styles, sans toutefois fausser son discours. L’amateur de baston, type jeu vidéo à la Call of Duty, sera très heureux ; son quota de combats sera respecté. Il ne fera sans doute pas attention à l’américanisme primaire et au discours de fond sur les valeurs des Marines (à l’odeur guerrière) qui sont de chaque instant. Un film en forme de bande annonce pour gamers acharnés, sans réel contenu à offrir.

Reproduisant les mêmes erreurs que Skyline en ne montrant pas forcément grand chose des méchants E.T.S (enfin, un poil plus.. là aussi les effets visuels sont multipliés pour mieux montrer ce que savent faire les graphistes locaux), en espérant gratter la recette de Cloverfield, Battle Los Angeles se démarque surtout par un discours trop publicitaire envers ces valeureux soldats, en alignant les superlatifs inutiles. Aussi maladroit visuellement, le film de geek manque sa case en voulant trop en faire, sans se concentrer sur ses acquis. Efficace sans marquer, grossier sans grand discours, voilà un film bad ass sans intelligence.

2 / 5
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