Winterlong

Winterlong

Dinard Film Festival 2018 – Compétition

Le cinéma britannique est souvent reconnu pour sa dimension sociale. Mais la capacité du cinéma britannique à le surpasser est ce qu’il y a de plus réjouissant, à chaque découverte. C’est le cas de WINTERLONG, construit comme une toile d’araignée où le centre est cette relation complexe entre père et fils. A partir de ce noyau familial, le réalisateur David Jackson explore plusieurs possibilités à travers plusieurs genres / atmosphères. On parlera plutôt d’émotions et d’ambiance que de genre, car WINTERLONG ne peut être rangé dans un seul genre, ni même être placé dans ceux qui les mélangent. Car David Jackson ne mélange pas les genres, il les fait interagir avec fluidité pour qu’ils se répondent naturellement. C’est avec un regard très réaliste, naturel, que le film explore l’évolution de ses deux personnages principaux.

WINTERLONG est traversé par la comédie (l’humour de Doon Mackichan), le thriller (à partir d’un certain moment), la romance (avec les superbes Carole Weyers et Nina Iceton), et le drame familial. Pour son réalisateur David Jackson, il ne suffit de pas grand chose. Il peint la vie dans son film, avec toute sa complexité, son mystère et ses défis. Le récit est écrit de la sorte que l’esthétique et l’ambiance se dessinent via les comportements des personnages. C’est là la plus grande qualité du film. Grâce à une mise en scène pleine de mouvements bruts, de regards suggestifs, de tendresse et de sauvagerie, WINTERLONG se construit avec une esthétique qui est la projection formelle de la mise en scène. Quand une célébration de retour avec des ballons gonflés qui envahissent le cadre, se transforme soudainement en une scène de violence où tout ballon disparaît du cadre, il est clair qu’il suffit juste de modifier l’angle de vue pour adopter un autre ton et une autre atmosphère.

Mais aussi, le film réussit à alterner les plans larges et les plans serrés, au profit de deux instincts. Le premier est celui de la détresse et de l’obstacle. Le second est celui de la tranquillité et de la douceur. C’est effectivement la mise en scène des corps et des regards qui convoque l’esthétique, et non la manière de placer la caméra. Le cadre est au service de la mise en scène, pour rendre compte (du mieux possible) une certaine idée de l’ambiance. Il y a un sentiment à la fois très cru / brut et un autre très tendre / bienveillant dans l’esthétique. Au-delà d’une photographie qui rend parfaitement justice à la multi-ambiance recherchée, le cadre accompagne les personnages dans leurs émotions et sensations. David Jackson ne fait pas de ses personnages les cobayes de son sujet, il les regarde et suit avec amour. Bien avant d’être un conte social, WINTERLONG est un conte familial.

WINTERLONG
Réalisé par David Jackson
Scénario de David Jackson
Avec Harper Jackson, Francis Magee, Carole Weyers, Doon Mackichan, Nina Iceton, Ian Puleston-Davies, Robin Weaver
Royaume-Uni / 1h30 / 2018

4 / 5

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