Whiplash

Whiplash

Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs cette année, Whiplash est le film que j’attendais depuis des mois, celui qui réunit l’émotion, l’empathie, le suspense et une mise en scène qui m’éblouit. S’il est parti bredouille de Cannes, il a été récompensé à plusieurs reprises au Festival de Sundance (Grand Prix du jury et Prix du public).

Andrew est un jeune batteur de jazz. Il rêve de se faire un nom au sein de la prestigieuse école de musique de Shaffer en intégrant le groupe de Terrence Fletsher

Avec un sujet qui peut sembler facile, la musique, le film réussit quelque chose de très beau. Il nous parle du dépassement de soi, d’une relation toute particulière entre un prof et ses élèves et nous fait vibrer avec la passion de la musique grâce à une mise en scène parfaitement en accord avec son sujet. Cette dernière, rythmée et précise, accompagnée d’un montage efficace, mime la fulgurance du jazz. On a parfois l’impression que la caméra et la succession des différents plans donnent le tempo de la chanson que l’on entend.

Les acteurs principaux, Miles Teller (découvert dans Rabbit Hole) et J.K. Simmons (vu chez Raimi, les Coen ou dans Oz) sont parfaits. On ressent avec eux la hargne, la douleur et l’exaltation. On se croirait parfois dans un film sportif avec tout ce qu’il montre de compétition et d’entrainement intensif. Ainsi, certaines scènes de concert nous donnent une intensité similaire à des scènes d’action. Comme souvent dans les films musicaux (je pense notamment à Walk The Line), on ne peut s’empêcher de battre la mesure ou de danser sur son siège, un immense plaisir !

On aurait pu craindre par son sujet et les origines de son réalisateur (ancien batteur de jazz) à un film déjà vu, du moins, peu innovant, il n’en est rien. Damien Chazelle est vraiment à cinéaste à suivre sachant tirer de ses connaissances en musique de très bonnes idées de cinéma. Et même s’il nous refait un film sur la musique, je serai partante tellement celui-là était jouissif.

5 / 5