Unstoppable

Unstoppable

Autre rattrapage de fin d’année (ou début, selon), le train infernal de Tony Scott qui ne s’arrête pas en gare, et nous trimballe de bout en bout sur un film-réalité assez stupéfiant par la forme, peu par le fond.

L’histoire est semble t-il inspirée de faits réels (à prendre avec des pincettes concernant l’origine et la retranscription desdits faits), et suit le long des rails l’avancée d’un train laissé sans conducteur ni freins, parti à la dérive vers une ville voisine… chargé de matières dangereuses. Alors que la SNCF locale tente d’arrêter la locomotive lancée à toute vapeur, deux courageux machinos, croisant le convoi, se décident à arrêter la machine infernale. Toujours dans un style visuel très travaillé, ce qui est devenu progressivement sa marque de fabrique, Tony Scott nous retravaille le réel façon journal télévisé, offrant un saisissant film d’une heure trente en plein direct pour freiner un dangereux convoi. Un film fait divers donc, sauce Hollywood, où le sensationnalisme courant s’intègre à l’acte héroïque de deux honnêtes travailleurs. Car on n’oublie pas le côté social (travailleur, père, mari…), avec un pathos qu’on pense peu obligatoire mais pourtant bien présent, histoire de rallier quelques spectateurs de plus.

Et si cet Unstoppable n’est pas indispensable, il reste assez étonnant pour sa classe de films. Un blockbuster pas si gros, deux acteurs plutôt honnête, un méchant inexistant (sauf à punir le conducteur d’origine, ayant laissé sa machine quelques minutes…), et une présence hors norme, celle du train à l’américaine, massif et effrayant. Un monstre mécanique sans limites, avançant de plus en plus vite. Au-delà de ça, rien à redire. Formaté pour le grand public, et certainement pour la rediffusion sans déplaisir, le dernier long métrage du frère Scott ferait presque office de téléfilm de luxe s’il n’avait pas eu les honneurs d’une sortie en bonne et due forme. Fort heureusement, conscient des limites d’un tel concept, son réalisateur n’en fait pas plus que besoin, se limitant déjà à un enjeu important : arrêter un train fou. Le reste, on s’en moque un peu. Unstoppable, un film pop corn sans mauvaise intelligence, qui saura divertir sans ennui. Pas plus, pas moins.

2 / 5