Ugly

Ugly

Vous ne connaissez probablement pas son nom (d’ailleurs je n’arrive toujours pas à le prononcer), mais avez peut-être vu Gangs of Wasseypur, sorte de Parrain à la sauce indienne. Anurag Kashyap présente à la Quinzaine des réalisateurs et à l’Etrange Festival en 2013, puis au Festival du film policier de Beaune en 2014, son nouveau film Ugly. Avec ce superbe parcours en festivals, c’est à Deauville, au festival du film asiatique, qu’il finit par recevoir un prix tant mérité, le Lotus du jury.

Rahul et Shalini sont divorcés. Ils ont ensemble Kali qui vit chez sa mère et son beau-père, le chef de la police de Bombay. Alors que Rahul garde sa fille, il la laisse quelques minutes dans sa voiture, le temps de voir un producteur. A son retour près de la voiture, Kali a disparu.

Mélange de film de gangs, d’humour noir et de critique sociétale, ce métrage est d’une grande richesse. Il nous restitue toute la complexité d’un pays où la société corrompue, patriarcale et très ordonnée ne permet pas beaucoup de fantaisie. On remarque néanmoins qu’elle est en pleine évolution, mais tout cela à tâtons.

La musique participe à l’ambiance parfois très sombre du métrage. Elle est à l’image de la société et des personnages, perturbés. Mais cette noirceur est allégée par certaines scènes vraiment hilarantes, je pense à celle de l’interrogatoire, notamment. Le réalisateur use de quelques fausses pistes pour berner le spectateur dans sa quête de vérité. Si cela dérange certains, j’ai plutôt aimé cette sensation de perte de repères et de doute constant.

On peut reprocher quelques défauts à Ugly (longueurs, trop de twists), le film reste néanmoins une bonne surprise dans la production indienne, loin de Bollywood. On y découvre un point de vue plutôt rare (du moins en France) sur une société en pleine mutation et à la mise en scène maîtrisée.

3 / 5