Tokarev

Tokarev

Réalisé par Paco Cabezas. Écrit par Jim Agnew. Avec Nicolas Cage, Rachel Nichols, Aubrey Peeples, Peter Stormare, Danny Glover, Max Ryan, Michael McGrady, Patrice Cols. Etats-Unis. 94 minutes. Sortie le 9 Mai 2014.

C’est dingue ce que l’on peut pondre comme scénario avec des éléments réchauffés. Paco Cabezas, et son scénariste Jim Agnew, nous offre ici un pur produit américain. Un polar où tout est ficelé dans ce que l’on connait déjà, avec pour seul principe d’enchainer les scènes d’actions pour le spectacle. Après la vision de ce film, il est inutile d’écrire un pavet pour expliquer ce qui ne tient pas. Parce que les défauts du film tiennent dans des détails de base, des principes du polar qui ici crée l’indigence du genre. Le polar a été plusieurs fois renouvelé, voire re-visité. Ici, Paco Cabezas n’a rien à proposer, à part inscrire son nom sur la longue liste de ceux qui se sont essayés au polar.

Je ne vais pas m’amuser à parler de patriotisme dingue avec ce film, même si plusieurs éléments nous y invitent. TOKAREV ressemble légèrement à un TAKEN du point de vue des pauvres. Là où Luc Besson aime castagner les asiatiques, Paco Cabezas choisit les russes. Bien entendu, ses personnages russes possèdent des armes puissantes, sont dénués de tout sentiment, ont de super pectoraux, et sont hyper musclés. Encore mieux, ils possèdent des clubs clandestins et vivent dans des lieux pourris. Evidemment, à côté de cela, Nicolas Cage joue le tout gentil ricain qui ne demande que justice. Et comme la police ne fait pas bien son boulot (bah alors Danny Glover, tu as pourtant fait L’ARME FATALE…), le personnage de Nicolas Cage doit se la jouer Liam Neeson. Il prend son courage à deux mains, et part à la recherche du kidnappeur de sa fille. Bien entendu, pour garder le plaisir d’empathie et le point de vue de son personnage, le film ne dévoilera jamais l’identité du coupable tant que Cage ne l’aura pas retrouvé.

Il est maintenant temps d’en arriver à d’autres éléments du film. Quoi de mieux qu’une musique rock et une batterie qui n’en finit jamais, pour accompagner des scènes d’action ? Puis, quand il s’agit de faire passer de l’émotion (lamentablement, enfin bref), on décide d’intégrer un peu de pop mélancolique. Ah oui, aussi, il faut dire à Nicolas Cage qu’il ne suffit pas de crier et d’ouvrir grand sa bouche pour jouer la tristesse. Quoique, c’est toujours mieux que ses moumoutes à gogo. D’un autre côté, on ne peut pas faire plus badass que Nicolas Cage habillé d’un jean et de vestes en cuir. La grande classe, pour quelqu’un qui doit se ranger du côté des pauvres. Ses vestes en cuir pour tenter de faire resurgir un passé de criminel. Curieux choix.

Enfin, venons-en à la forme du film. Il n’est pas donné à tout cinéaste de comprendre comment utiliser les plans courts. Ils ne sont pas la définition du rythme au montage. Ils sont la signification d’un point de vue. Le rythme doit être créé dans l’ambiance. Or, même si les plans courts ne sont pas moches, ils sont souvent inutiles. La vanité de certains plans laisse entrevoir un travail bâclé sur le découpage. Les plans sont de simples témoins du factuel, ne laissant jamais passer aucune sensation. De ce fait, Paco Cabezas ne peut rien tirer d’une prétendue esthétique qu’il voudrait aborder (quelques plans sont encourageants, mais trop furtifs). Le dernier grand problème du film, c’est l’utilisation des ellipses. La cohérence se volatilise de nombreuses fois entre deux séquences, au profit d’une avancée rapide dans l’intrigue. On sent que l’essentiel n’est pas dans la quête, mais dans les scènes d’action. Le film perd toute crédibilité avec ses ellipses, tant la combinaison entre tous les personnages devient un bordel total sous-développé.

1 / 5

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