Time Out

Time Out

Qui d’autre qu’Andrew Niccol, spécialiste du film d’anticipation (Bienvenue à Gattaca, S1m0ne… sans parler de ces autres oeuvres comme Lord of War et The Truman Show) oui donc qui d’autre qu’Andrew Niccol pour s’attaquer à la notion du temps transformé en monnaie ? Manque de chance, c’est un peu raté…

Voici donc un monde où le temps a remplacé l’argent, tout se paie en minutes/heures/jours/mois/années. Parce que désormais on ne vieillit plus après 25 ans (merci la génétique) par contre il faut ensuite avoir de quoi vivre avant que le compteur situé sur l’avant-bras ne tombe à zéro, entraînant la mort instantanée (pas merci la génétique, cette fois). Du coup dans Time Out, tout le monde paraît 25 ans ou moins. Cela passe encore pour Justin Timberlake, Amanda Seyfried, voire Olivia Wilde, c’est beaucoup moins plausible pour Cillian Murphy (36 ans dans la vraie vie). Mais passons, car malheureusement c’est loin d’être la seule incohérence du film en compte un nombre assez important, inhabituel de la part de Niccol.

Time Out raconte comme un jeune (forcément) homme vivant au jour le jour en gagnant de précieuses heures de vie à la fin de sa journée de travail, va s’allier avec une riche héritière (qui elle, ne compte pas ses années restantes) pour tenter de bouleverser le système. En effet, tandis que les riches restent éternellement jeunes (et beaux, tiens, il n’y a pas de moches dans le film, merci la génétique encore), les pauvres survivent comme ils peuvent en travaillant (en usine) pour rester en vie le lendemain, quand ils ne sombrent pas dans le trafic, le vol ou le pillage de temps. Des millions de gens meurent après 25 ans pour que quelques-uns vivent éternellement. C’est inégal, c’est mal, cette société doit changer. Notre couple justicier est en action.

Or malgré ce concept béton, Time Out souffre donc malheureusement de raccourcis, d’erreurs de calcul de temps, de scènes douteuses. Le bras de fer, la poursuite en voiture, le sort du gardien du temps (incarné par Cillian Murphy)… tout cela laisse un peu perplexe. Un sentiment de film trop rapide et bâclé s’installe peu à peu, peut-être pour nous empêcher de réfléchir et de mettre en marche notre esprit critique, mais on actionne quand même notre cerveau pour prendre du recul et analyser ce que le film nous sert. Rajoutons à l’ensemble une fin convenue, et nous obtiendrons la première petite déception de la part d’Andrew Niccol. Un vrai regret.

CRITIQUE DE MG

TIME OUT signe le retour en fanfares d’Andrew Niccol, génial créateur de The Truman Show (scénario), Bienvenue à Gattaca, Simone, Lord of War (scénarion et réalisation), et qui s’apprête à tourner The Host (qui n’a aucun rapport avec le film asiatique). Un réalisateur intègre donc, qui joue autour de thèmatiques de science fiction excitante, quand il ne livre pas un film sur le trafic d’armes. On a donc du mal à comprendre comment il a pu se fourvoyer à ce point en participant à TIME OUT (IN TIME en VO), essai de science fiction en apparence honorable qui malheureusement passe à côte de son sujet.

Pourtant TIME OUT réunit tout ce qu’il faut pour offrir le spectacle de l’année. Un sujet en or, une nouvelle futuriste laissant la place à l’action et un peu de réflexion ; l’âge maximum a été génétiquement ramené à 25 ans, mais le temps est compté : il faut travailler pour gagner du temps, et en vivre, sous peine de se voir « terminer » subitement. Les pauvres n’ont que 24 heures d’avances, et les riches plusieurs centaines d’années. Bref, critique sociale et course contre la montre pour s’en sortir, les rouages de cette grande horloge permettant de jouer sur plusieurs tableaux. En plus, Niccol se tape un casting conséquent des stars à la pointe de la mode ; Timberlake, Murphy, Seyfried, Galecki, Bomer, Pettyfer et même Olivia Wilde.

Malheureusement trop convenu, TIME OUT descends de la hype attitude à un ennui global, tant les détails sont peu peaufinés. Ce genre de film demande de la précision, surtout aux vues de l’idée de base (à la seconde près). Mais des comédiens qui ne font pas tous réellement moins de 25 ans, au manque de réalisme envisagé à chaque séquence (le comble quand même, pour un film censé jouer la montre, et ne s’embarrasse même pas de calculer les durées), sans compter l’absence de réelle prise de hauteur sur le sujet, transformant l’ensemble en thriller futuriste sans envergure. Grosse déception pour Andrew Niccol, qui récupère là un sous-Inception sans grande saveur, défilé de la jeune génération hollywoodienne pour des concepts vite dépassés par l’envie d’en mettre plein la vue sans y arriver.

2.5 / 5

🎙 Le podcast Onlike donne la parole aux artistes et artisans qui font l'actualité de la musique en France et à l'international. Cliquez ici