The Two Faces of January

The Two Faces of January

On peut baser l’intérêt d’aller voir un film à son casting. Avoir Viggo Mortensen, Kirsten Dunst et Oscar Isaac côte à côté sur une affiche, ça a de quoi rendre curieux. Premier film d’un scénariste lui-aussi curieux (de DRIVE à 47 RONIN récemment), THE TWO FACES OF JANURAY est une jolie danse à 3 qui hypnotise durant toute sa durée, quitte à masquer les imperfections d’un premier essai.

On plonge dans un environnement atypique. Pas inexploré mais peu vu jusqu’à présent : aux débuts des années 60, un couple d’américain en voyage en Grèce se rapproche d’un jeune arnaqueur qui leur sert de guide. Commence alors un jeu à trois où les apparences tombent rapidement.Entre le mari et sa femme dissimulant la vraie nature de leur voyage, et le pickpocket bientôt amoureux mais pas téméraire, les tensions montent. Tissant son scénario sur fond d’Europe post-Seconde Guerre Mondiale, nouveau monde moderne et tourisme de luxe, Hossein Amini donne corps à un moment de l’Histoire souvent laissé de côté, et les traumatismes de l’après-conflit. Et tout en suivant un monde en reconstruction, il dessine trois vrais caractères qui s’opposent, et finalement se déchirent.

On se laisse porter par l’atmosphère, le climat tendu de cette histoire à trois figures où finalement on ne sait trop qui mériterait de gagner. Qui sera la victime, qui s’en sortira ? Au milieu des paysages grecques magnifiques, Amini parvient à tenir son récit à trois visages, de nombreux mystères et une issue pas si heureuse. Quitte à surprendre le spectateur, ou se perdre quelquefois dans des égarements de l’histoire. Mais avec trois acteurs parmi les plus talentueux, peu importe ; on suit leurs aventures sans sourciller, attendant le dénouement comme la réponse définitive à cette errance dans le sud de la Grèce.

3 / 5