The House That Jack Built, trip égocentrique un peu vain

The House That Jack Built, trip égocentrique un peu vain

Cannes 2018 – Hors Compétition

Lars Von Trier est de retour, et il ne se prive pas de cette petite joie de monter les Marches, faisant le chiffre 7 de ses deux mains. 7 ans d’exil pour l’un des cinéastes les plus controversés de notre époque. Son nouveau film, offrant un retour inattendu à Matt Dillon (parfait) en serial killer tourmenté, est tout aussi fascinant qu’exaspérant, voir provocateur. Comme d’habitude ?

Dans THE HOUSE THAT JACK BUILT, Dillon nous conte ses aventures de tueur en série à travers 5 séquences-clés de son parcours morbide, tout en conservant avec un personnage inconnu. Au départ fable grotesque pas si éloigné d’un C’EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS, les intentions de LVT (pour les intimes) se dispersent ensuite, faisant pencher le film pour une forme d’excuse de ses élucubrations précédentes, ou à l’inverse d’une confirmation d’une idée en forme de ligne rouge de toute sa filmographie : la violence est une forme d’art. Faisant croire à sa rédemption, Lars en profite pour marteler cette idée, à travers des scènes (faussement) choquantes, provocantes. Las (!), tout cela est déjà vu chez le cinéaste.

Si on note toujours sa volonté d’embrasser le médium cinéma dans sa pleine puissance (jusqu’à l’animation, ou à travers un final totalement différent du reste du film), Lars Von Trier semble ne plus avoir grand chose à raconter et se concentre encore plus sur son ego & ses aléas de metteur en scène. THE HOUSE THAT JACK BUILT est tout autant les errances d’un serial killer et son regard sur la société, qu’un portrait aux accents sarcastiques du cinéaste, cherchant une provocation un peu vaine.

2 / 5

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