The Expendables

The Expendables

Il est sympa, Sly. Non content d’avoir retrouvé un second souffle, le visage marqué par les années et les chirurgies (dans le désordre), relançant avec succès ses deux franchises favorites, le voilà en qui décide de continuer sur le film d’action pur et dur, sans complexes, et en plus il ramène ses potes.

Sly a donc concocté un joli de films de vacances, type voyage en groupe dans les îles, farniente, coquillages et crustacés. Ou explosif, sulfateuse et catch dans la boue. Il a ensuite passé une jolie annonce pour constituer un groupe homogène. Nous avons donc Jason, anglais rasé de près et amoureux de tout ce qu’il peut planter dans un corps en vie, mais aussi Jet, asiatique petit, discret, mais costaud. A côté d’eux, voilà Dolph, l’allemand complètement barré qui aime torturer et tuer. Pour de vrai. Le vieux guide pour la route, c’est Mickey qui a gardé tous ses tatouages d’Iron Man 2, mais restera tranquillement à la maison finalement. Et puis dans la masse du groupe, on retrouve le frère de Julia Roberts, les catcheurs Austin ou Couture, un détective de Dexter et une ex copine de Buffy, la tueuse de vampire. Non, vraiment, ces Expendables ont de la gueule. Dommage, on nous murmurait que Jean Claude ou Steven devaient passer, tout comme Salma Hayek. Peut être pour la suite? En tout cas, en hors d’oeuvre on nous sert une rencontre Sly – Arnold Schwarzenegger – Bruce Willis. ça ouvre l’appétit.

Et ces Expendables se mangent sans sourciller. Cette galerie de stars d’action movie est certes un peu bancal, coincée entre le retour des vedettes des 80′ (qui, hormis Bruce Willis, en ont un sacré coup sur la gueule), et les seconds couteaux (forcément) plus récent. Vous ne commanderez pas d’accompagnement, la recette est brute : un dictateur tyrannique, des agents de la CIA rebelles, de la coke, des armes, des femmes. Voilà, vous mélangez, mettez Sly à la barre, des tatouages, des motos et des explosions et on part pour une bonne heure et demi de baston à tout va. Alors oui, ça a un goût de déjà vu et rien n’est vraiment original ici. Mais si on vient manger ici, c’est bien qu’on aime l’ambiance et les gens, en habitué. Pas la peine donc de chercher un fin gourmet ou une trace de scénario plausible, The Expendables étant principalement un film d’action entrecoupé de quelques scènes mineurs (inutiles) d’explications.

Le seul défaut, c’est que Sly nous avait sorti la même cuisine avec son dernier Rambo. Difficile de revenir sur une réussite (oui, oui), et The Expendables sent un peu le réchauffé. Hormis le casting attrayant (beuargh!), et les voir se foutre sur la tête (oui, à un moment ils sont divisés en deux camps, les gentils et les méchants), le film recèle de nombreuses fautes visuelles assez dérangeantes, se demandant si le vieux chef qui nous avait sorti deux bons films précédemment, n’a pas perdu la main, raté la sauce finale ou la cuisson du plat principal. On l’en excusera tant la bonne humeur ressort de l’ensemble. Les Expendables ne sont pas vraiment ici pour se prendre la tête, mais plutôt pour nous divertir, et s’amuser (ça sent les vacances). Rien que le retour final d’un ex-gentil-méchant en clin d’oeil nous prouve qu’il s’agit ici de trouver une excuse pour un bon repas ensemble, et si possible une bonne soirée ensuite. En les voyant repartir sur leurs bécanes infernales, on excuse Stallone de nous avoir sorti un demi-film servant à multiplier les scènes actions (plus ou moins réussies d’ailleurs) sans intérêt, ou le casting de cascadeurs. Car dans tout ça, nous aussi on est venu retrouver le vieux fumet des films d’antan. Celui des 80′ où fleurait bon la testostérone et les sulfateuses…

2.5 / 5