The Amazing Spider-Man

The Amazing Spider-Man

Bonjour,

Je suis un studio américain ayant amassé un beau paquet de billets verts par la magie de Sam Raimi, artisan en image responsable (avec joie) d’une trilogie où un mec en collant se balade au bout de son fil, j’ai décidé de remettre les compteurs à zéro pour attraper au vol le jeune public post-Twilight et descendre en route mon réalisateur, je suis, je suis, je suis… Sony! Et si déjà l’expectative d’un reboot inutile ne jette pas l’effroi parmi les millions de fans d’un héros installé sur grand écran (salut Tobey, on t’oublie pas!), la décision de mettre aux commandes un jeune réalisateur plus doué pour filmer au niveau des pâquerettes (c’est à dire, et sans critique aucune, de la comédie romantique fort sympathique), voilà un projet qui ne place pas de son côté la bénédiction des fans. Oui, à un moment ça compte aussi.

THE AMAZING SPIDER-MAN, pour mieux le rebaptiser (et pas te tromper quand tu prendras le DVD de Sam Raimi à la Fn… dans ton supermarché culturel préféré), est donc conduit par Marc Webb, dont le seul atout ici est d’avoir un nom rigolo pour s’occuper d’un tel projet. Projet qui consiste donc à nous présenter Peter Parker, jeune lycéen timide équipé soudainement de superpouvoirs. Blablabla… Vous connaissez la suite, la petite blonde qui roucoule, le père policier intrépide, un lézard à écailles… Ah oui, mais non : rembobinons. Les têtes pensantes nous remettent donc un Peter en plein lycée, la bagarre près des casiers, on connaît (même si on aurait aimé ne pas revoir tout). A la différence qu’ici, il aura affaire au Lézard, soit Curt Connors (excellent Rhys Ifans), ancien collègue de Papa Parker (mots clés : traumastime, enfance, parents, adulte, papa, maman, avion, crash), et… c’est à peu près tout. Sous un mauvais fond de 3D inutile (c’est pas nouveau, mais ça fait bien de le rappeler), ce remake version Webb hésite entre construction à la pilote de série, repompage de Raimi à la serpe (jusqu’à l’allusion patriotique qui va bien, gerbante) et action filmée par ordinateur.

Pas grand chose à retenir? Pourtant si, mais rien qui ne concerne le principal. Si le casting est séduisant (Garfield a de l’avenir, on le savait déjà), si les effets spéciaux sont de qualités (mais pas franchement innovants), cet AMAZING SPIDER-MAN n’a de surprenant que son nom. Le souffle épique et l’humour de Sam Raimi passé à la trappe, Sony nous délivre un film au rythme binaire, tantôt comédie romantique mal installée, tantôt film d’action en biais. En reste une absence certaine d’émotions (on a plus d’émotions devant les boulettes de viande de Tante May qu’à la mort de tonton Ben), pour un film taillé pour un public facile. Jusque dans l’après générique, évidemment fait pour vous lancer sur une suite… Et même ce dernier morceau de suspense est anéanti dès le premier quart d’heure. Dur, dur d’être superhéros à New York.

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