Syngué Sabour - Pierre de patience

Syngué Sabour – Pierre de patience

Comment mieux explorer les méandres d’une société qu’en tournant autour d’un exemple simple ? D’un couple afghan au milieu d’un conflit sans fin, Atiq Rahimi adapte son propre livre (prix Goncourt, s’il vous plaît) et trouve la femme au milieu des bombes. Un film vérité qui remet l’humain au coeur de l’histoire.

Dans SYNGUE SABOUR, une femme soigne son mari inconscient suite à un accident, livrée à elle-même alors que le conflit se rapproche et que sa famille s’est éloignée. Comment survivre avec ses deux filles, comment continuer à soigner cet homme qu’elle déteste, ce mari forcé qu’elle n’a pas choisi ? Peut être en en faisant sa « pierre de patience », le tombeau de ses secrets. Jolie idée que de faire de ce bourreau du quotidien la libération de sa femme, magnétique Golshifteh Farahani, et une histoire entre quatre murs (ou presque) où la tension se jouera entre l’extérieur, les pluies de mortiers et les combattants de passage, et l’intérieur et cet homme dans le coma.

Portrait de femme, et d’un pays, cette Pierre de Patience renferme toutes les contradictions et les règles d’un pays en pleine révolution. On y trouvera la performance d’une actrice, et l’implacable silence des femmes afghanes au quotidien. Saisissant.

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