Super

Super

Dernière bombe livrée par James Gunn (PG PORN, mais aussi les scripts de L’ARMEE DES MORTS ou de SCOOBY-DOO 2… un touche à tout assez désinvolte, pas toujours au top de la hype mais sympathique), Super rallie le film de super héros à la bande indé’ décomplexée pour le plus grand plaisir des fans. Un film à classer avec SCOTT PILGRIM ou KICK ASS, pour le côté looser prêt à tout, et la violence sans tabou.

SUPER, c’est un peu une histoire d’amour qui termine mal. Ah non, qui commence mal. Notre héros, Franck, cuisinier de son état, voie sa douce femme partir de son plein gré avec de méchants dealers, la poudre au nez. Fissa, Franck voit cela comme une épreuve de Dieu, et croyant posséder l’extrême onction se pare d’un costume tout bizarre (et pas très flatteur) pour aller tatanner les vilains dans les rues de sa vieille ville, terminant le niveau bonus par le boss de fin. Voilà, Super c’est une croisade mystique contre le mal au quotidien, sans les supers pouvoirs. Et dès lors qu’il faut hausser le niveau de jeu, Franck sait y faire, et confectionne tout un attirail digne du plus beau des terroristes. Non, décidément, comme taré fanatique prêt à tout pour sa cause, Franck s’attaque aux dealers bien installés dans sa ville comme le jihad sur un pays occidental. De là à en tirer des conclusions…

Plus sérieusement, Super possède des atouts cachés assez stupéfiants (sans jeux de mots), au-delà de son principe de base. Un casting assez impressionnant, de Kevin Bacon à Ellen Page, avec un Rainn Wilson (The Office) parfait dans le rôle titre, et une apparition en filigranne d’un Nathan Fillion qui ne serait pas loin de se moquer de son statut Whedon-esque. Profitant à plein des actions, Gunn peaufine son long métrage d’effets indé’ sympathiques, des apparitions de bulles d’onomatopées jusqu’à de beaux charcutages en règle des hommes de main. en cela, Super se révèle assez jouissif, n’hésitant à tout exploser si nécessaire, tout en conservant sa ligne directrice : le destin de Franck, apôtre de la justice, psychopathe en puissance et héros impuissant. Ne s’évertuant même pas à hisser son personnage en parfait américain, Gunn (également scénariste) en fait l’excuse du film, sans doute être imparfait loin des stéréotypes du genre, mais très attachant et compréhensible. On en serait étonné à moins, mais Super est le film indépendant du superhéroïsme, loin des grosses machines et bien que souffrant de quelques défauts, nous démontre que tout un chacun peut devenir son propre héros. Evidemment, ce sera dangereux, malsain et violent. Mais bon…

3.5 / 5