Skyline

Skyline

Faisons un bilan rapide des films traitant d’invasion extraterrestre. Le vieux fantasme des geeks de tous temps (Merci Orson Welles) a été battu et rebattu au fil des décennies dans des films cherchant à faire toujours plus spectaculaires, ou de prendre des chemins de traverse audacieux (quand c’est réussi, ça donne le très mignon Monsters). Alors, peut on encore aller voir au cinéma un gros blockbuster à l’américaine concernant les E.T.s qui débarquent en force? Oui et non. Si les frères Strause (Alien Vs Predator 2) ont bénéficiés d’effets spéciaux plutôt sympathiques, ils ont sans doute oublié quelque chose en route… Ah oui, le reste.

Recette de base. Lorsque vous souhaitez « tenter un coup » dans le cinéma moderne, vous voulez montrer votre talent à reproduire des films précédents. Avec un peu d’intelligence, cela servira à vous vendre pour les prochains films. Prenez donc un sujet très grand public (une invasion extraterrestre très belliqueuse – OK), tournez en ville (Los Angeles – OK), si possible sans trop changer de décors (un hotel, des chambres au parking – OK), et enfin recrutez les éternels seconds couteaux visibles un peu partout, mais qui ne prendront pas trop en salaires (David « Dexter » Zayas, Eric « 24 » Balfour… – OK). Bref, limitez vos besoins pour se concentrer sur le sujet. Évidemment, dans le monde moderne, il faut des effets numériques béton au risque de rentrer directement en série B ou Z. Voilà un peu ce que nous livre Skyline, un film de science fiction n’essayant pas trop en faire… Et y arrivant très bien, car au final on se demande même si le film contient réellement quelque chose à part lesdits effets numériques.

Et nous voilà en plein vide artistique, entrant dans la zone du gros téléfilm se retrouvant sur grand écran. Une troupe de comédiens laissé en vadrouille dans un immeuble au milieu de Los Angeles, une caméra à leur côté… Depuis les gros cartons que furent Independence Day (Will Smith Smashs!) et plus récemment Cloverfield ou District 9, il est très difficile de marquer les esprits. Malheureusement nous voici en présence d’un ersatz sans personnalité, se reposant sur quelques effets bien sentis (on le répète, visuellement ça claque), et espérant que les spectateurs se référeront surtout aux précédents. Bref, pas grand chose à en retenir, les Strause essayant visiblement de marquer le coup, dans un huis clos à porte ouverte, et jusqu’au final grand guignolesque qui a le mérite d’essayer quelque chose… de relativement ridicule.

Carcasse moderne sans réel contenu, Skyline fonctionnera surtout pour les hardcores du genre, et encore : entre une romance de film catastrophe assez dramatique, et les aller-retour dans des escaliers (dans les deux sens), on aurait aimé avoir plus d’actions, plus d’intensité, et surtout plus de créativité pour un film qui promettait visuellement quelque chose.

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