Sils Maria

Sils Maria

Etrange objet cinématographique pour Olivier Assayas, qu’on ne présente plus. Le réalisateur français, habitué des grands rendez-vous, semble se faire un petit plaisir aux limites simples avec SILS MARIA, mise en abîme du cinéma, et du statut de comédien. Un schéma simple aux formes multiples : la classe de la française Juliette Binoche face à la fraîcheur de Kristen Stewart, loin de ses repères, et de la jeunesse de Chloé Moretz, rapatriée de ce côté de l’Atlantique.

Une confrontation de comédiennes justement, dans une histoire aux rôles féminins. Isolées en pleine montagne pour répéter une pièce où Binoche se voit proposer le rôle opposé à celui qui l’a révélé, les doutes et les questions sont nombreuses. Dans ce pays où les nuages sont à hauteur de montagne (le titre du film, vallée suisse), les personnages se perdent et se regardent, se déchirent et se retrouvent. On essaie de fixer la limite entre fiction et vrai questionnement, entre le film dans le film, et le film en lui-même.

Assayas voulait retrouver Binoche, voilà une excellente occasion. En offrant des rôles « européens » à deux comédiennes naviguant entre petits et gros budgets hollywoodiens, le réalisateur français consolide son récit, en explore toutes les aspérités. Le miroir à plusieurs dimensions entre réalité et fiction se divise, les comédiennes sont en équilibre sur tout cela. Pour ces figures, et son atmosphère, SILS MARIA est un vrai beau rendez-vous, peut être un peu perdu au milieu des montagnes…

4 / 5