Robocop

Robocop

Hollywood, spectre économique aux mauvaises habitudes, manque cruellement d’idées. Quitte à marcher sur sa propre histoire, depuis quelques années il n’y a rien de mieux que d’exploiter les vieilles franchises. Si le ROBOCOP de Paul Verhoeven est un classique, qui a débouché sur plusieurs suites cinématographiques et télévisuelles, sa relecture plus de 25 ans plus tard ressemble à une mise à jour technique concentrée autour du monstre de Frankenstein incarné par le héros, avec une lecture sociale moins complexe que l’original.

Il était tentant de réinventer la figure du robot policier à l’heure des bouleversements technologiques d’aujourd’hui. Les fantasmes des années 80 (mixés à l’époque avec un vrai fond de questions sociales et d’ironie nécessaire) n’auraient pas rêvé mieux ; information de masse, mix techno-organique… Le nouveau ROBOCOP reste un bon vieil androïde mais avec le style (une finition plus reptilienne) et la rapidité. Une version 2.0 finalement pas si désastreuse qui, sur la forme, contentera largement son audience. La présence au casting de deux figures du genre, Michael Keaton et Gary Oldman, finit d’ancrer ce reboot parmi les films ayant la volonté de bien faire (malgré le découpage barbare imposé par des réécritures incertaines, et une volonté d’ajouter une dimension familiale).

Non, finalement la limite qu’atteint rapidement le film est celle imposée par l’exercice. Il est difficile de rebooter une franchise tout en voulant tout changer. Si on ne peut penser que du bien des intentions de José Padilha, le résultat de fond reste très (trop ?) basique. On oublie l’aspect critique du film de 1987 pour un long métrage moderne et aseptisé où, malgré quelques effets visuels, la question reste hautement intellectuelle autour des traumatismes du héros. Malheureusement, quand cela se réduit à un bouton sur lequel appuyer (ou un robot à éteindre ou brancher), l’enjeu est limité.

Moins violent, plus polissé que son ancêtre (qui tient encore très bien la route, merci), ROBOCOP version 2014 tente quelque chose qui ne peut convaincre qu’à moitié. Et même si le principal tourne ici autour du personnage central, passé de symbole d’une époque traumatisée à simple outil dysfonctionnel, on manque d’ampleur et d’un complément d’âme. Ce qui caractérise finalement assez bien l’ambition d’une certaine industrie.

2.5 / 5