Old Boys

Old Boys

Festival du Film Britannique de Dinard 2018 – Compétition

Que pourrait-on attendre d’un film qui se déroule dans un pensionnat de garçons ? Nous avons déjà eu, entre autres, le mémorable SCUM d’Alan Clarke. Mais OLD BOYS prend une direction opposée. Loin du thriller, de la violence et du drame, le film de Toby MacDonald est une comédie. Mais une comédie purement britannique, entre ironie sociale, comique de situation (pas loin du burlesque) et un peu d’humour noir. Le cinéaste privilégie le corps dans sa comédie. Que ce soit des champs/contre-champs qui convoquent le ralenti, ou alors un long plan qui s’attarde sur un personnage qui tente de grimper une gouttière, etc. A remarquer la présence du trop méconnu et sous-estimé Joshua McGuire, acteur très drôle, digne d’un Chris O’Dowd.

Le problème de Toby MacDonald est de s’enliser, petit à petit, dans la comédie et le triangle amoureux. Alors que le titre évoque la vie en pensionnat, le film vire rapidement à la mise en scène de la comédie. Mais pas non dans un nième éloge des “victimes” qui finissent amis avec les plus “populaires” et réussit à obtenir la fille du récit. Les maux des personnages sont exploités par leur comportement, mais l’idée vire au profit d’une chorégraphie de la comédie. Même si on pense à Chaplin ou à Keaton par moments, le film en est très loin. Parce que, même si les personnages se dévoilent davantage par leurs attitudes que par la parole (tant mieux), il y a tout de même cette insistance sur une sorte de burlesque.

OLD BOYS réussit dans son esthétique à relever le niveau. Même si la mise en scène délaisse le postulat, Toby MacDonald crée une ambiance bien significative. Malgré un montage un peu inégal, qui renverse trop souvent les échelles, le film réussit à mélanger la comédie avec une forme de quête dans un lieu qui n’offre que l’absurdité d’une vie à répétition. Ainsi, l’esthétique du film propose un miroir entre le rêve fantaisiste d’une autre vie et l’étouffante réalité qui plane sur le pensionnat. Il y a un esprit de bricolage dans la plupart des espaces, que ce soit en extérieur (notamment dans la manière de filmer un pensionnaire qui franchit une clôture, tel un soulagement, un défi) ou en extérieur (l’architecture froide du pensionnat). Mais également pour l’absurdité du sport dans la rivière, que dans cette délicieuse scène de sérénade, mais même dans une partie du montage quand il y a un échange épistolaire. Parce que l’esthétique se forme autour de certaines lumières, qui mettent en valeur les espaces où la fantaisie se crée. Alors que les autres espaces sont au service d’un regard plus sobre et sage (peut-être un peu trop) sur la condition dans ce pensionnat. Mais tout de même, OLD BOYS permet de passer un agréable moment.

OLD BOYS
Réalisé par Toby MacDonald
Scénario de Luke Ponte, Freddy Syborn
Avec Alex Lawther, Jonah Hauer-King, Pauline Etienne, Joshua McGuire, Denis Ménochet, Giles Malcolm, Nicholas Agnew, Jason Lines, Archie Merry
Royaume-Uni / 1h30 / 2018

3.5 / 5

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