Noé

Noé

LA CRITIQUE DE CLARA (1.5/5)

130 millions de dollars, c’est beaucoup, même pour faire un film. 130 millions de dollars, c’est 94,6418171 millions d’euros, soit 946 millions de carambars (en gros). Et encore, en les achetant à l’unité. Donc beaucoup plus par paquets. Et en plus, les carambars c’est bon. Et là réside la différence majeure avec le nouveau film de Darren Aronofsky : NOE.

Pourtant, ce n’est pas faute de beaucoup aimer le reste de sa filmographie, THE WRESTLER en tête. Mais ici, le réalisateur nous embarque dans un péplum biblique sans fond ni direction. Sorte de caricature mystique d’un film de Roland Emerich en moins fun, Noé gâche son casting impeccable dans un récit qui tient en trois lignes («  alors, y’a des méchants, et puis des gentils, et les gentils ils font un bateau, et en fait peut être qu’ils ne sont pas gentils, et puis manger de la viande c’est mal »). Surtout, la présence d’Aronofsky est difficilement cernable et son point de vue sur l’histoire et ses personnages est au mieux confus. Certaines des répliques les plus intelligentes sont confiées au grand méchant, qui apparaît moult fois bien plus sensé que son antagoniste. De plus, malgré des connaissances limitées en physique et plus particulièrement en flottabilité du bois, on comprend mal comment un tas de tronc d’arbres rempli d’animaux parvient à ne pas couler lors du déluge. Enfin, n’abordons même pas la place des personnages féminins dans le récit, elles ne servent qu’à procréer, ne pas procréer et pleurer au sujet de leur procréation.  Seule prouesse, à 10 jours de la sortie en salle, la CGI a déjà mal vieillie.

Le problème principal n’est pas tant que c’est un mauvais film, tout le monde adore un bon gros film catastrophe décérébré. Le problème principal réside surtout dans la couche épaisse de premier degré et de ton solennel engluant l’ensemble du métrage pour tenter de convaincre le spectateur qu’il assiste à une grande aventure épique. C’est long, c’est moralisateur, ça change constamment de point de vue et ça ne prend jamais de décision. Aronofsky nous aura au moins rappelé une chose : que la vie sans smartphone ni après shampoing, c’est nul.

LA CRITIQUE DE MERRY (4.5/5)

NOE c’est le film que j’attendais depuis le début de cette année, celui qui a suscité en moi, émerveillement, émotion et suspense.

J’aime profondément tous les films de Darren Aronofsky (sauf peut-être The Wrestler), même The Fountain, même Pi. Il sait prendre des risques et semble se foutre assez royalement de ce que pensera le grand public, les critiques… Il a un truc à raconter et ose le dire avec son propre langage. Avec NOE, il nous raconte une histoire connue de tous (en théorie) mais dans les grandes lignes. Il propose son interprétation et offre une vision passionnante du texte sacré. Personnellement, j’ai relu, avant la projection, les chapitres de la Génèse racontant l’histoire de Noé. Je vous conseille d’en faire autant, vous comprendrai mieux le génie de ce cinéaste.

D’abord, il ose inventer un monde qui est si peu décrit dans le texte, le monde d’avant le déluge. Il en fait un univers fantastique flirtant avec le post apocalyptique. On y croise des hommes de mille ans, des créatures de pierre et de lumière, des légendes bibliques qui prennent vie… le tout mis en scène avec cohérence (chaque époque, chaque histoire possède sa propre identité narrative et esthétique).

Ensuite, il ose une radicalité dans ses personnages. Noé est un homme intègre, complexe mais dont la foi est infaillible, le genre de personnage qu’on voit rarement au cinéma. Il met dans sa bouche de longues tirades qui pourraient sembler totalement dépassées. Et pourtant, le personnage fonctionne bien, on croit en son dévouement et la foi qu’il expose au spectateur est même extrêmement touchante. Pour contre balancer cette rigidité et ouvrir son point de vue, il dote le méchant de certaines phrases plus que sensées et plus crédibles à notre époque. Les acteurs lui donnent un immense coup de main. Tout son casting est parfait et sert merveilleusement son scénario et les personnages qu’il a travaillés.

Enfin (parce qu’il faut bien s’arrêter pour que vous ayez le temps de découvrir ce petit bijou), il ose un film épique au fond sacré. Les scènes d’action y sont grandioses. Il réussit à mêler divertissement et thèmes philosophiques universels (la famille, le respect, le sens du devoir, la justice…) sans être ridicule.

NOE est mon premier grand coup de coeur de l’année, il m’était nécessaire de le défendre et de tenter de vous donner envie de le découvrir.

3 / 5
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