Moi, moche et méchant

Moi, moche et méchant

Gru est un méchant professionnel (oui, ça existe) mais qui commence à se faire vieux tandis que la concurrence devient de plus en plus rude. La banque (des méchants) refuse de lui prêter de l’argent, alors Gru va quand même mettre son plan à exécution pour faire un véritable coup d’éclat et revenir sur le marché : voler la lune.

Et pour cela, notre « héros » est prêt à adopter trois petites filles d’un orphelinat, sans aucune intention de les garder, pour amadouer son ennemi. C’est là que l’on voit le truc venir à des kilomètres et que ça mérite même un bon gros :

Et ce qui devait arriver arriva…

Gru se laissera lui-même attendrir par ses « filles adoptives ». Dommage car avec postulat de départ plutôt original, on se retrouve dans un message des plus classiques et un scénario finalement simple. Succès narratif, Moi, moche et méchant (Despicable Me) est un film prétexte : prétexte à gags bien sûr, à gentille stupidité (les minions), prétexte à 3D lors de sa sortie. Au suivant.

CRITIQUE DE MG

Les dessins animés sont vraiment revenus au premier plan du box office depuis que Pixar, Dreamworks et autres Fox se livrent à une guerre sans merci (où Pixar règne sans pareil). Et après avoir épuisé les histoires originales, le pixel a investi les différentes références modernes, y compris les superhéros. Alors pourquoi pas les supervillains? Où comment jouer avec les codes du genre, casting hype à l’appui.

Les castings vocaux sont désormais de belles places à prendre pour les stars du moment, et Gru (le personnage principal) nous embarque avec une belle palette de voix : Steve Carell, Jason Segel, Russell Brand, Kristen Wiig, Danny R. McBride, Jemaine Clement, Pharrell Williams et Hans Zimmer à la musique… Pour les créateurs d’Horton, c’est le moment de quitter le film pour enfants en bas âge, et intégrer le clan des dessins animés dirigés vers plusieurs générations. Fondamentalement destiné aux plus jeunes, les aventures de Gru ne démériteront pas auprès des jeunes adultes, étant ponctuées de références modernes sur le cinéma et autres, tout cela réalisé par une équipe 100% française. Et plus gros succès d’Universal en 2010. Une vraie réussite pour un film de facture classique.

Si le film a de vraies bonnes idées, et parvient à constituer rapidement un background reconnaissable (des seconds rôles aux deux antagonistes), avec de vrais ressentis concernant le personnage principal, Gru, sorti tout droit des vieux films d’horreur, vil ermite aux noirs desseins, mais aux belles intentions (oui, on peut faire le mal en bien..). Sous une animation fluide, gonflée à la 3D inutile comme toujours (ou quasiment), ce 3M (Moi, Moche et Méchant) permet de passer un bon moment sans autres excentricités. Difficile d’arriver dans la course face aux sommets de Pixar, mais l’équipe de 3M a montré de très bons arguments, qui pourrait leur offrir de belles places au box office et chez les fans. Cela mériterait d’être approfondi, et une suite devrait voir le jour bientôt..

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