Möbius

Möbius

Le retour d’Eric Rochant sur grand écran était attendu. Il faut dire que le monsieur venait de passer par la case série télévisée (la relance de MAFIOSA pour Canal+), et retouchait à un genre qui l’avait fait connaître avec LES PATRIOTES. Catapulté par la star du cinéma française Dujardin, Rochant n’avait donc aucune excuse. Si ce n’est son film.

Le défaut principal des films actuels est sans doute de trop vouloir jouer, sans en avoir la possibilité. MOBIUS, dont le titre sort un peu de nulle part sauf à justifier une entourloupe finale, est un peu de ceux là. Comprenez, on ne se formaliserait pas pour quelques détails. Mais à voir Rochant mettre en place sa mécanique, histoire d’espionnage internationale à plusieurs ficelles au cœur de Monaco, on commence à réfléchir. Dujardin et Dequenne en espion russe ? Pourquoi pas, même si l’absence d’accent est un peu léger. Une intrigue coupée en deux, ne sachant trop où donner de la tête ? Moins crédible. A trop vouloir jouer sur la tension et la perdition de ses personnages, Rochant en oublie de faire le boulot et se contente d’étaler les pièces d’une histoire morcelée géographiquement et structurellement.

Film d’ambiance calfeutrée et de jeux à plusieurs (sans trop savoir qui gagne sur qui), MOBIUS rate le coche et ne sait plus trop où atterrir. Reste un casting classe et une certaine histoire d’amour provoquant quelques beaux moments au creux d’un récit tout aussi perdu que son personnage principal. Même la tentative de vouloir y placer quelques tubes récents semble un peu vaine, dans des décors nostalgiques des grands films d’espionnage d’antan.

2.5 / 5

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