Midnight Special, l'ode à la paternité de Jeff Nichols

Midnight Special, l'ode à la paternité de Jeff Nichols

Présenté au festival de Berlin le mois dernier, le nouveau film de Jeff Nichols était très attendu. Après trois films largement salués par la critique (dont Take Shelter que j’aime beaucoup), Midnight Special nous plonge dans une SF inspirée de Spielberg, pour E.T. et Rencontre du troisième type, ou de Carpenter, pour Starman. Jeff Nichols retrouve un thème qu’il affectionne particulièrement, la paternité. Seule différence avec ces précédents films, désormais il est père et on le ressent jusque dans nos tripes.

Alton Meyer est un jeune garçon que l’on comprend rapidement spécial. Alors qu’il vit au sein d’une communauté religieuse douteuse, son père biologique le kidnappe pour lui permettre d’accomplir son destin, coûte que coûte. C’est alors le début d’une intense course-poursuite à travers le sud des Etats-Unis.

Du film, on retient d’abord l’immense prestation de Michael Shannon en père dévoué. Avec un mouvement de paupière, il insuffle tant de sentiments qu’il en est bouleversant. Son personnage y est aussi pour beaucoup et nous mène vers une thématique passionnante : l’enfant, Dieu des parents. L’amour que les parents d’Alton lui porte est immense et terriblement touchant. La foi inconditionnelle qu’ils ont en son destin est un important moteur du film. Leur quête c’est leur fils. A travers ces deux personnages, Jeff Nichols explique la difficulté de laisser devenir autonome et donc la difficulté d’être un bon parent.

Malgré cette métaphore et cette thématique très spécifique de la parentalité, il réussit une aventure pleine de rebondissements. Le montage, la musique, les différentes péripéties qu’affrontent les personnages rythment à la perfection le métrage et en fond aussi un vrai film d’aventure digne de Steven Spielberg, ampli d’une figure familiale qui lui est chère également.

La façon qu’a le metteur en scène d’aborder la SF avec quelques détails et grâce à ses dialogues est revigorante. Aujourd’hui, quand la technologie nous permet des effets spéciaux si performants, ce qui nous bluffe c’est la passion, l’engagement d’un auteur pour un récit fantastique crédible et inventif. Là, le job est fait.

Cette quatrième collaboration entre Jeff Nichols et Michael Shannon est ma préférée, parce qu’elle me touche particulièrement à un moment donné de ma vie (je suis désormais maman). Elle rassemble la parentalité et la dévotion dans le sublime. J’espère qu’elle saura aussi toucher le futur parent en chacun de vous.

4.5 / 5

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