Magic Mike

Magic Mike

Sacré Steven. Clamant à chaque interview sa mise en retraite anticipée, Soderbergh ne cesse d’accumuler les projets. La preuve, deux films cet été : Haywire, et donc Magic Mike. Deux films, deux univers à mille lieu l’un de l’autre, et c’est bien ce qui caractérise la filmographie d’un réalisateur pas encore trop ancien. Steven Soderbergh n’aime pas faire deux fois la même chose (hormis les Ocean’s), et s’emploie donc à changer de point de vue. Pour Magic Mike, il entraîne la fine fleur des jeunes comédiens d’Hollywood pour un strip tease tout masculin. Basée sur une histoire vraie.

La révélation de l’année pourrait être Channing Tatum. Acteur musclé reconnu récemment pour des rôles musclés, Tatum bouscule les conventions, jouant de son image dans 21 Jump Street, repoussant à lui seul la sortie de G.I. Joe 2, et finalement produisant son film, son histoire (ou quasi). Celle d’un jeune homme, strip teaseur de son état, essayant de survivre sans honte aucune dans ce bas monde en exhibant sa plastique parfaite dans des spectacles chorégraphiées de haute volée. Sans oublier d’avoir un cœur, des sentiments, et tout ce qui servira aussi à une histoire de fond. Oui, Magic Mike n’est pas qu’une bande de stripeurs s’enduisant le corps pour plaire à leur public, c’est aussi une vie en communauté, une bande de bro’s un peu paumé, qui font leur boulot comme de vrais pros, et essayent d’y prendre un minimum de plaisir.

Ajoutez là-dessus ce qui sera au final des histoires classiques (rencontres, romances, trahisons, crise social..), Magic Mike ne tombe pas dans l’analyse trop poussée mais réussit à livrer un film pas forcément trop déshabillé du scénario. Soderbergh, inspiré comme à chaque fois, fait naviguer sa caméra dans cet univers nocturne, où nos stripeurs un peu paumés se promènent entre deux lap dances. Ce qui aurait pu être un téléfilm de luxe se révèle boosté par la création du bonhomme, qui semble ne jamais s’ennuyer. Magic Mike, film testostéroné à la fine fleur d’Hollywood (outre Tatum, Alex Pettyfer, Matt Boomer, Olivia Munn… et le revenant de l’année, Matthew McConaughey), est la nouvelle preuve de la capacité de Soderbergh à pouvoir tout filmer, et confirme qu’il nous faut garder un oeil sur Channing Tatum. Damn’ it.

3.5 / 5

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