Lost River

Lost River

Evidemment, quand on s’appelle Ryan Gosling, on ne doit pas avoir de mal à réaliser son premier film. Evidemment, il serait facile de le jauger au regard de son statut d’acteur et de sa carrière passée. Et si son premier essai derrière la caméra semble peser avec intelligence l’héritage de ses maîtres (qu’il ait travaillé avec ou non) pour offrir une magnifique plongée en avant dans un Detroit fantasmé.

Car oui, on ne pourra guère critiquer le travail derrière LOST RIVER. A mi-chemin entre Malick et Refn, empruntant les talents qu’il faut (le français Benoît Debie à l’image, déjà passé par VINYANSPRING BREAKERS ou ENTER THE VOID, notamment) pour offrir un conte de fée sombre et moderne, prenant ses racines au coeur d’une ville dévastée, Détroit. Suivant le parcours d’une mère et son fils, séparément, cherchant les chemins de leur survie, LOST RIVER se fait poétique, jouant sur les ombres pour mieux nous perdre dans cette quête pas si éloignée d’une Alice réellement perdue dans un pays des merveilles désabusé.

Si le résultat à l’image est incontestable, appuyant des envies de cinéma particulièrement séduisantes, LOST RIVER sait tenir son récit, les quêtes de ses personnages, pour transformer le chaos urbain en pays imaginaire. Dans la lignée des BETES DU SUD SAUVAGE, cette vision d’une arrière cour de l’Amérique envahie par la nature, où la famille se bat contre l’avancée inaltérable d’un plus grand mouvement (la fin du bayou, la destruction de la ville…), parvient à convaincre par sa sensibilité.

C’est une belle réussite pour un premier long, et le signe d’un talent certain pour Gosling (que l’on distinguait déjà dans ses expériences musicales). On espère voir la confirmation arrivée bientôt avec un deuxième long.

4.5 / 5

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