Les Voisins de Dieu

Les Voisins de Dieu

Le cinéma israélien est en plein essor et nous livre quelques pépites comme récemment Le Policier ou Le Cœur a ses raisons. Ils traitent souvent du conflit isréalo-palestinien ou d’une jeunesse spontanée pas toujours sûre de pouvoir encore faire la fête le lendemain.  Les Voisins de Dieu, Prix SACD de la Semaine de la Critique en 2012, aborde un sujet tout autre et nous présente le monde des disciples d’un grand rabbin du XVIIIème siècle, Rabbi Nahman de Bratslav, entre joie de vivre et extrémisme religieux.

Avi et ses deux amis sèment la terreur et la joie dans leur quartier en banlieue de Tel Aviv. Ils effraient les jeunes filles dénudées,  les commerçants ouverts le jour du chabat… Mais ils font aussi de la musique, fument des joints, protègent leur quartier d’agression. Quand Avi rencontre sur Miri, qui se vêt trop légèrement,  il tombe amoureux malgré tout. Sa foi et ses sentiments le mettent à l’épreuve.

L’incursion dans cette communauté qui existe vraiment est assez passionnante. On découvre que certains jeunes religieux associent sans problème deux vies qui paraissent incompatibles : prières à la synagogue et mixes de musiques, études auprès d’un maître et consommation de drogue. Un point de vue presque documentaire mais bourré de spontanéité.

Une douce séduction se met en place entre les deux protagonistes, une séduction sans contact et très sensuelle. Cette histoire d’amour improbable est très touchante et nous présente la foi juive d’une façon assez inédite, entre attente de signe divin et lutte contre soi-même.

Petit film sur un sujet inédit, Les Voisins de Dieu, offre un point de vue neuf sur des israéliens que le cinéma connaît peu.

3.5 / 5