Les Rencontres d'après minuit

Les Rencontres d’après minuit

Présenté en séances spéciales à la Semaine de la critique lors du dernier festival de Cannes, Les Rencontres d’après minuit est le premier long métrage de Yann Gonzalez, cinéaste français dont on connaît bien le frère, Anthony, leader du groupe M83 qui signe d’ailleurs la très belle bande originale du film.

Un couple et leur gouvernante travestie attendent des invités, la Chienne, l’Adolescent, l’Étalon et la Star. Ensemble ils se préparent à vivre une orgie.

Le résumé ne m’avait pas donné envie de voir le film à Cannes. Mais les bons échos de ces premières projections ont attiré mon attention. J’ai entendu parlé d’un film drôle. Là j’ai eu envie et j’ai très bien fait, car effectivement le film est d’une drôlerie rare et d’un spleen onirique. C’est une fable sur l’amour, le deuil, l’abandon.

Le film débute avec un rêve, celui d’une femme grimpant à l’arrière de la moto d’un homme dont on ne voit pas le visage, sous une pluie battante. Puis on découvre les premiers rôles, ce couple magnétique et sa gouvernante pince-sans-rire campée avec beaucoup d’humour par Nicolas Maury. Le reste est un huit-clos illustré de flash-back qui nous expliqueront chacun des personnages.

Yann Gonzalez avoue s’être inspiré de Breakfast Club. En effet, les personnages semblent stéréotypés mais se révèlent finalement surprenants. Chacun a droit à sa parenthèse. Il y raconte son histoire, ses désirs, ses souvenirs. L’une des meilleures idées du film c’est le juke-box sensoriel qui illustre, en plus du reste, l’état des protagonistes avec la musique synthétique de M83.

L’enjeu du film est de comprendre ce qui lie tous ces êtres, de découvrir comment ils vont se soutenir, s’aimer, se découvrir, de savoir leurs peurs, leur force, leurs atouts… Les Rencontres d’après minuit est un film mélancolique de personnages. L’important c’est qui ils sont et comment ils vont interagir entre eux.

Le réalisateur a expliqué s’ennuyer souvent au cinéma et vouloir avec ce métrage redonner au spectateur de l’intensité devant le grand écran. Tour de magie réussi !

4 / 5