Les heures sombres, la performance impressionnante de Gary Oldman

Les heures sombres, la performance impressionnante de Gary Oldman

Joe Wright est un réalisateur dont les envolées lyriques sont attendues : HANNAPAN ou ANNA KARENINE en témoignent. Le voir se confronter à un biopic et la grande Histoire est donc intriguant, et au final réussi. Soutenu par un acteur hors norme (Gary Oldman, méconnaissable), Wright signe le film miroir de DUNKERQUE : les premières heures au pouvoir de Winston Churchill auront marquées 2017.

LES HEURES SOMBRES s’attardent en effet sur l’accession de Churchill au rôle de Premier Ministre, alors que le gouvernement britannique est en plein désordre et l’armée allemande en passe de conquérir la Belgique et la France. A Dunkerque, les troupes sont encerclées. A Londres, Winston est isolé. A l’écran, l’homme est là, habité par un Gary Oldman grimé qui donne tout. Reconstitution parfaite, pleine de caractères et d’humanité d’un homme derrière le titre ; LES HEURES SOMBRES est un biopic sur un individu au coeur d’un des plus grands moments d’Histoire du XXe siècle.

Force est de constater que le style visuel et les intentions toujours envolées de Wright se tiennent dans un récit fait de couloirs et d’antichambres (royales). Si quelques scènes s’envolent malgré tout, gonflées au numérique comme il en a désormais l’habitude (quelques scènes avec les armées semblent bien artificielles), c’est avec soin et réalisme qu’il dresse une tragédie du pouvoir entre manigances de partis et doutes d’un conflit naissant. A offrir une vue officieuse des coulisses du pouvoir, il complète le travail d’un Nolan ayant préféré s’axer sur les hommes de terrain.

3.8 / 5