Le Territoire des Loups

Le Territoire des Loups

Si « l’homme est un loup pour l’homme » comme dit le proverbe, et bien le loup… sera toujours encore plus un loup pour l’homme. C’est ce que va apprendre un groupe de rescapés de leur crash d’avion dans le grand Nord américain. Une poignée d’hommes, perdus dans l’immensité d’un désert froid, sans espoir d’être retrouvés et pour beaucoup, de survivre.

Bon ils ne sont pas si seuls que cela finalement, et les animaux qui vont venir leur tenir compagnie ne sont pas vraiment des animaux de compagnie : des loups, qui ont faim, et manger des humains ne les repousse absolument pas. D’ailleurs dès l’après-crash le festin commence, sonnant l’alerte pour ceux qui veulent rester en vie. Mais pour cela, il faut savoir faire les bons choix. Et c’est ce qui va manquer à plusieurs d’entre eux, tandis qu’heureusement on a mis Liam Neeson dans les plus sages (mais pas les moins tourmentés par leur passé).

Ne le cachons pas, Le Territoire des Loups est un « survival », c’est-à-dire un film où de nombreuses personnes sont placées sur la grille de départ mais à l’arrivée ceux qui s’en sortent vivants se compte sur les doigts d’une main (quand il reste des doigts, d’ailleurs). Ce qui est intéressant pour ce film c’est que nos concurrents du début sont tous de solides gaillards et que la morale est que… cela ne suffit pas. En même temps on le sait depuis longtemps, vu la somme de survivals déjà créés où l’on a maintes fois admiré de super soldats se faire tout aussi massacrer.

Mais là, l’ennemi, c’est surtout la Nature, avec un grand N. Et on ne peut s’empêcher de rapprocher Le Territoire des Loups d’autres films dans la même catégorie, avec des passages rappelant Into The Wild ou 127 heures (si vous avez vu ce dernier, impossible de ne pas y penser quand une certaine scène se produit). Au final, on ne cachera pas un certain plaisir de voir l’espèce dominante se faire dominer. Et les ultimes secondes (après le générique de fin) serviront de morale à l’histoire.

CRITIQUE DE MG

Aux vues du récent passé cinématographique de Liam Neeson, le laisser seul en pleine montagne face à une meute de loups déchaînés était relativement équitable. Avoir le pas si dégueulasse Joe Carnahan (SMOKIN’ ACES, NARC…) à la barre était également un bon calcul, si tenté que le registre soit assez resserré pour ne pas faire dans la série B anodine. Et bien non, rassurez vous, les grandes étendues en Alaska ont encore de belles journées devant elles, et nos survivants 2 heures pour nous geler les orteils entre deux bouchées du grand méchant loup.

THE GREY (titre VO beaucoup plus classe que la VF – one more time..) est un survival comme au bon vieux temps. Des bases simples (un crash d’avion, 8 survivants, de grands méchants loups badass pas loin de leurs fessiers, du blanc partout – ça tâche mieux avec le sang), une tension continue et un scénario basé sur l’humain et pas sur la surenchère inutile liée au mort. Car comme tout bon film de ce type, THE GREY joue à son Koh Lanta carnassier. 1 mort toute les dix minutes, plus ou moins utilement, plus ou moins en sens du sacrifice. N’y cherchez pas une quelconque mise en avant des décès, Carnahan se la joue plutôt sobre. Du noir, une sombre lumière pour cacher la plupart des jets d’hémoglobines mais de gros loups, une meute de chasseurs organisés et tenaces qui ne lâcheront pas nos rescapés, les traquant un à un, les laissant se tromper, abandonner ou périr sous leurs crocs. Pour autant l’animal n’est pas le seul ennemi de l’homme, juste la raison de leur course en avant fatidique. Un bel exemple d’une menace utilisée avec intelligence et en laissant le spectateur imaginer le reste. Oui, THE GREY est de ces films de genre qui laissent le neurone courir derrière l’intrigue, cherchant les issues et les coups de dents dans la jugulaire. Miam.

Au milieu de tout cela, vous avez surtout l’immmense Liam Neeson, dans un rôle étrangement cathartique (l’acteur ayant perdu récemment sa femme – comme le héros). Fait volontaire ou non, on retrouve le comédien en version survivor, un type de rôle de dur à cuire qu’il supporte depuis quelques temps et qui n’est pas sans lui donner un certain charisme. Au fil d’un scénario qui sonde sa psyché trouble entre deux courses poursuites enneigées, THE GREY ne lui rend pas la vie facile (surtout vu les conditions de tournage) et lui offre, à la lumière de la dernière partie, un grand rôle. Film sans concession, volontairement facile dans sa progression, THE GREY est un vraie film de survie avec une ligne directrice claire, et peu de répits. En suivant la tension globale, on referme le dernier chapitre du film en soufflant… C’est grand, l’Alaska.

3.5 / 5