Le loup de Wall Street

Le loup de Wall Street

Ne pas oublier Scorsese. Surtout ne pas zapper un réalisateur aussi prolifique qui semble, comme le bon vin, se bonifier avec le temps. Et sa collaboration avec Leonardi DiCaprio, acteur adepte des projets mastodontes, semble en profiter dans ce nouveau film, leur 5e en commun, adaptation de la vie trépidante d’un trader new-yorkais pas comme les autres.

Et il y a de tout dans ce film massif de près de trois heures. Des hauts et des bas d’une histoire mêlant sexe, drogues et manipulations boursières en tous genres. Un film-somme sous adrénaline qui ne vous laissera pas respirer, faisant avancer telle une course en avant frénétique qui ne semble jamais s’arrêter. Un blockbuster à l’ancienne, où l’acteur-roi DiCaprio incarne avec caractère un personnage hors du commun, un épicurien affamé, fasciné par les chiffres de la bourse et la spéculation financière tout autant que par les courbes de sa femme. Véritable réflexion d’un avare en mal de gain, LE LOUP DE WALL STREET résonne d’un doux fatalisme face à ce jeune flambeur devenu plus gros que lui-même, cette grenouille se pensant plus lourde (en cash) qu’un boeuf.

Si le film dévoile en son sein quelques grandes leçons, et le portrait d’une Amérique au bord de la crise (financière, frénétique et fondamentalement malade), c’est sans perdre l’intérêt du spectateur. Trois heures ne suffisent pas à raconter ce destin hors norme, où pour une fois le personnage principal se façonne lui-même sans rentrer dans une histoire qui le dépasse. Toute l’ironie vient en effet du fait qu’il est la cause de sa propre descente aux enfers, oubliant que le confort de l’argent ne le protège pas d’une chute…

Et dans tout cela, Scorsese façonne son récit avec de nombreux renforts, au milieu duquel trône un Matthew McConaughey hors norme, physiquement en phase avec ses nouveaux rôles, amaigri mais diabolique, qui n’apparaît que quelques instants pour mieux marquer le film. LE LOUP DE WALL STREET, folie furieuse imprimée à l’écran par un réalisateur dont l’énergie semble à jamais renouvelée, réunit les talents nécessaires pour faire de cette chronique d’une Amérique en état second une grande fresque portée par un acteur au sommet. Le rendez-vous de cette fin d’année.

4.5 / 5

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